Le cardinal Müller met en cause Fiducia Supplicans

Le cardinal Müller met en cause Fiducia Supplicans


19 février 2024

Dans une tribune publiée sur le site de la revue américaine First Things et datée du 16 février 2024, le cardinal Müller, préfet émérite du Dicastère pour la doctrine de la foi, s’interroge sur la rectitude doctrinale de la déclaration Fiducia supplicans, notamment en raison de la contradiction entre la pratique et l’enseignement de l’Église:

La récente déclaration du Vatican Fiducia Supplicans contient-elle des enseignements contraires à la foi divine et catholique ? Le communiqué de presse du Dicastère pour la doctrine de la foi du 4 janvier défend l’orthodoxie de Fiducia Supplicans en la citant, arguant que la déclaration ne change pas l’enseignement de l’Église catholique sur le mariage et la sexualité et ne dit rien d’hérétique. Il soutient que Fiducia Supplicans ne concerne pas la doctrine, mais des questions pratiques, et qu’il doit simplement être adapté à différents contextes et sensibilités.

 

En réalité, la critique des évêques concernés n’est pas tant dans le fait que la déclaration nie explicitement l’enseignement de l’Église sur le mariage et la sexualité. Elle réside plutôt dans la circonstance qu’en permettant la bénédiction des couples qui ont des relations sexuelles en dehors du mariage, en particulier les couples de même sexe, elle nie l’enseignement catholique dans la pratique, si ce n’est dans les mots. La critique est basée sur un principe traditionnel solide : lex orandi, lex credendi – le principe selon lequel la manière dont l’Église prie reflète ce que l’Église croit. Comme le dit le Catéchisme : « Quand l’Église célèbre les sacrements, elle confesse la foi reçue des apôtres ».

 

Il y a, en effet, des pratiques catholiques qui ne peuvent être modifiées sans rejeter la doctrine catholique. Pensons, par exemple,à ce que le concile de Trente appelle la substance des sacrements, c’est-à-dire les éléments de ces sacrements qui sont établis par le Christ Lui-même. Un changement qui affecterait cette substance, même si c’est un changement pratique, serait un rejet de la doctrine catholique. Par exemple, si quelqu’un affirmait en paroles l’enseignement catholique sur le baptême, mais qu’il admettait ensuite à l’Eucharistie ceux qui ne sont pas baptisés, il rejetterait l’enseignement catholique. Saint Thomas disait que de telles contradictions créaient « un mensonge dans les signes sacramentels ».

 

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon