Chemins vers Jésus 25

 

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---------- le cinquantième jour après la Pâque - la « fête des semaines » que nous appelons la Pentecôte (le « cinquantième» jour) - était considéré comme fête de la Révélation, la mémoire du Sinaï et il rappelait l’événement de l’Alliance par laquelle Israël est devenu véritablement un peuple, le peuple de Dieu. La fête de la Pâque de Jésus-Christ - le nouvel Exode de la Résurrection - est suivie de l’événement de la Pentecôte pour ainsi dire comme le Sinaï chrétien : l’Alliance, dont le fondement se trouve certes dans la Cène et la Croix, devient alors un événement public où le peuple de Dieu est constitué, comme autrefois au Sinaï sous les signes de la tempête et du feu ; l’essentiel c’est le nouveau don de la Parole qui peut être entendue et comprise dans toutes les langues, c’est-à-dire dans toutes les cultures. L’événement de la nouvelle Alliance se dessine ainsi : le peuple de Dieu devient universel, un peuple de tous les peuples. Le peuple de Dieu - l’Église - est formé par la force de l’Esprit Saint comme porteur de la Nouvelle Alliance. Tout comme le peuple de l’Alliance sera élargi, universel, ainsi la « Loi », le contenu de l’Alliance, reçoit une nouvelle forme. Ce qui a été

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seulement une sorte d’échafaudage et de préparation, peut être enlevé maintenant. Le noyau de la Loi se dévoile dans la flamme de l’Esprit Saint où l’être même de Dieu - l’amour - se présente. C’est pourquoi Thomas d’Aquin pouvait dire que la Loi nouvelle est le don de l’Esprit Saint (cf. S. Theol. I-II q 106 resp). Les formes de culte et les structures du droit, qui sont toujours particulières, sont dépassées, ce qui est vraiment universel surgit : la grâce qui est l’amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit (cf. Rm 5,5). ------- Au début du récit de la Pentecôte, Luc ne parle cependant pas des Douze, mais du fait qu’« ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu » (2,1). Il renvoie sans doute à la communauté priante des disciples de Jésus dont il parlait au premier chapitre, qui comprend les apôtres mentionnés nommément ainsi que Marie, la mère de Jésus, et « ses frères » (1,12-14). Le rassemblement, l’unité et la totalité («tous») importent donc à l’écrivain sacré. À cette totalité une autre totalité fait face - celle des pèlerins qui sont venus « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (2,5). -----

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------- toutes les nations de la terre sont témoins de l’événement de la Pentecôte et annoncent ainsi l’Église de tous les peuples, le peuple universel de Dieu, donc ce qu’on appellera à partir d’Ignace d’Antioche « catholique ».

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------------- Les Douze ne sont pas simplement une partie de l’Église locale de Jérusalem, mais en eux l’Église de toutes les nations auxquelles ils sont envoyés et dont ils sont destinés à devenir les pères, est virtuellement présente. --------- l’Église a été « catholique », c’est-à-dire Église universelle, depuis le premier moment - elle a été « catholique » au double sens du terme que nous avons vu tout à l’heure chez Ignace. --

------- Il est évident que le récit de la Pentecôte présente le contraire de l’histoire de la tour de Babel (cf. Gn 11,1-9). ---

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