p188 JÉSUS‑CHRIST
--- Chez Marc, il est dit « Tu es le Messie »; chez Luc: « le Messie de Dieu» ; chez Matthieu: « le Messie, le Fils du Dieu vivant ».
Qu'est‑ce que cela veut dire ? Peu à peu, il devient évident que ce Messie ne correspond pas à celui que les juifs attendaient. Mais celui en qui confluent deux lignes d'attente. D'une part on attendait un nouveau David ou un nouveau Moïse, un grand roi et législateur, qui est l'ami de Dieu et son médiateur, comme l'étaient David et Moïse. D'autres attendaient que Dieu lui‑même intervienne et prenne en main les affaires du monde. En la personne du Christ se réunissent les deux lignes d'attente. Il y a bien là un homme, mais en qui Dieu en personne intervient.
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LA TRINITÉ
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p189 La vérité
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Non seulement pour des hommes normaux, mais même pour les plus savants, ce mystère d'un Dieu qui est Un et subsiste pourtant en trois personnes, en cette triple relation d'amour, est insoluble. Il est important que la foi chrétienne maintienne les deux affirmations: Dieu est unique et d'une profonde unité. Mais, cette unité, la plus profonde qui soit n'est plus unité de ce qui est indivisible, mais est le résultat d'un dialogue d'amour. Dieu l'unique est en lui‑même relation : c'est pourquoi il peut créer la relation. Nous pouvons d'une certaine manière en soupçonner le sens, même si nous ne pouvons absolument pas en résoudre le mystère.
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De plus, le Christ parle lui‑même de l'Esprit du Père, qui est en même temps son Esprit. Il est naturellement encore beaucoup plus difficile de comprendre que cette dualité Père‑Fils englobe un élément supplémentaire, le Saint‑Esprit. Le Christ était une personne, dont on pouvait faire l'expérience, l'Esprit Saint n'est présent que par son action, mais comme personne il n'est pas aussi tangible. C'est la raison pour laquelle on a si longtemps débattu sur son caractère personnel. Mais lorsque Jésus parle de lui comme du «paraclet », de l'avocat qu'il nous laisse, du consolateur, il devient évident qu'il le place au même niveau que lui‑même et que cet être relationnel en Dieu s'exprime dans cette structure triple Père‑Fils‑Esprit.
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p190 JÉSUS‑CHRIST
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NOTRE PÈRE
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Déjà, le seul mot de « Père », par lequel nous exprimons notre relation filiale à Dieu, est inépuisable. Mais aussi le terme « nous » en fait partie intégrante. Ce n'est pas le « je », mais le «nous » qui nous situe dans cette filiation. --------
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p192 JÉSUS‑CHRIST
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------ Au sens propre du terme, Dieu ne peut être connu que par lui‑même. C'est pourquoi lorsque l'homme accède à la connaissance de Dieu, il faut présupposer que Dieu a élevé l'homme en l'établissant dans un lien de parenté avec lui, de sorte qu'il y ait assez de vivante similitude en l'homme pour qu'une connaissance de Dieu devienne possible. Jésus continue : « ... et celui à qui le Fils veut bien le révéler ». En d'autres termes : la connaissance ne surgit que d'une volonté commune.
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p194 JÉSUS‑CHRIST
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La relation père‑fils est sans aucun doute différente et plus difficile. Un théologien disait qu'il faudrait de nos jours compléter la parabole du fils perdu par celle du père perdu. Les pères se consacrent souvent entièrement à leur profession ; ils sont plus préoccupés par leurs performances que par le don de la vie et les devoirs qui en découlent. Mais la carence des pères cause aussi de graves dommages aux fils. -------
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p196 JÉSUS‑CHRIST
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------- L'esprit se fond dans l'existence biologique et par là confère à la vie cette dimension supplémentaire.
Le croyant chrétien est convaincu qu'une autre et nouvelle dimension encore nous advient, et ce, dans la rencontre avec le Christ. Nous en soupçonnons quelque chose dans l'expérience de l'amour humain: quand je suis aimé mon esprit est animé, grâce à celui qui m'aime, d'un nouveau dynamisme, qui constitue un nouveau plan d'être. Une chose semblable se passe lorsque Dieu lui‑même par le Christ se tourne vers moi : ma vie devient par là une participation à la vie créatrice originelle.