6. Comme Pinien avait juré qu'il habiterait à Hippone, une nécessité le forçà à s'éloigner de là un autre jour. Le peuble d'Hippone en l'apprenant s'ameuta et réclama l'accomplissement de ce qui avait été écrit. Mais, lorsqu'on reconnut que c'était par suite de la nécessité privée qu'il s'était éloigné, non dans le désir de ne point revenir, tout le monde le trouva bon (7). On n'avait pas la pensée de le retenir en exil, mais on regardait comme suffisant qu'il eût, comme tous les autres citoyens, sa demeure dans la ville, et ne s'en éloignât jamais qu'avec la pensée d'y revenir (8). Baronius dit, il est vrai, que Pinien s'échappa d'Hippone en secret et se retira avec les siens dans Tagaste, attendu qu'il savait très bien que son serment lui ayant été arraché par la force et la crainte, il n'était pas tenu à l'accomplir (9); mais c'est à lui de prouver la vérité de ce fait qu'il avance contre l'autorité manifeste d'Augustin. Albine, belle-mère de Pinien, supporta avec peine toutes ces choses, et écrivit à Augustin une lettre pleine de douleur (10) où elle
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(1) Lettre cxxvi. (2) Lettre cxxv, n. 2. (3) Lettre cxxvr, n. 6. (4) Lettre ccxiii, n. 1. (5) Serm., CCCLVi, n. 1. (6) Lettre CLXXvii, n. 6. (7) Lettrecxxvi, n. 6-13. (8) Lettre cxxv, n. 4. (9) BAnox., année, 409. (10) Lettre CXXVI.
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qualifiait la promesse de Pinien aux habitants d'Hippone, d'exil, de déportation, ou même de relégation; et lui demandait en même temps, s'il pensait qu'une promesse arrachée de force était obligatoire, surtout lorsque Pinien pouvait alléguer, pour s'éloigner, le cas de la nécessité. Elle demandait à Augustin pourquoi il ne s'était point opposé à cette promesse; elle reprochait aux habitants d'Hippone de n'avoir été mus que par la soif honteuse des richesses, quand ils avaient voulu retenir, pour en faire un prêtre, un homme riche, mais si désintéressé qu'il distribuait ses biens aux autres. Alype qui s'était aussi retiré à Tagaste, rappelle dans une lettre à Augustin toutes les paroles blessantes qui avaient été articulées contre lui et l'engageait à voir en commun ce qu'il fallait penser de ces serments arrachés par la force, bien que dans l'espèce de mémoire qu'il avait écrit, il dit que Pinien devait rester à Hippone comme les autres citoyens et comme Augustin lui-même (1).
7. Dans sa réponse à Alype (2), Augustin déplore les injustices dont il se plaint: quant au serment de Pinien, il dit que d'après les célèbres exemples que les Romains ont laissés sur ce sujet, c'est une honte pour eux de mettre même en délibération si celui de Pinien doit être observé ou non. Personne n’aurait plus confiance à la promesse ou même au serment d'un évêque s'ils permettaient que la parole donnée par un homme de ce rang fût annulée ou éludée par de vains motifs. Ce n'est point d'après les paroles de celui qui jure, mais d'après l'attente de celui à qui on fait serment, et que connaît celui qui jure, qu'on doit accomplir un serment. Il espère cependant que la bonté divine et la vertu de Pinien, qui conservait avec tant de piété la foi promise à Dieu et à son Église, ne permettraient pas à cette moisson de scandales et d'offenses de mûrir. Avec cette réponse, il envoya à Alipe une copie du serment de Pinien, traduit et corrigé d'après le papier que lui-même avait signé. Dans sa réponse à AIbine (3), il dit d'abord qu'il lui écrit, non pour exciter sa douleur, mais pour l'adoucir, ni pour troubler son âme qu'il vénère parce qu'elle est consacrée à Dieu, par des paroles de tristesse, mais pour la délivrer de ses inquiétudes. Alors, il lui fait connaître comment les choses se sont passées, afin qu'elle vit elle-même que c'était seulement pour l'avantage spirituel de l'Église et à cause des vertus dont Pinien était orné que le peuple d'Hippone l'avait demandé pour prêtre. Dans cette affaire, on ne pouvait pas voir la plus petite apparence d'avarice ou de cupidité; d'ailleurs, cette accusation ne pouvait atteindre que lui, quoique Albine eût évité de lui reprocher directement ce vice dont elle le jugeait atteint, pour ne pas paraître aller trop loin et manquer de respect dans son langage à un évêque, mais elle le fait d'une manière détournée et comme si cette pensée était venue à d'autres. Il prit en bonne, non en mauvaise part ce langage de la charité. Et comme il se sentait innocent de cette faute, et qu'il ne se reprochait rien au fond de sa conscience, il prit Dieu à témoin qu'il acceptait sans l'aimer l'administration des biens de l'Église que l'amour de ses frères et la crainte de Dieu lui faisaient un devoir de gérer, mais dont il se déchargerait bien volontiers s'il le pouvait, sans manquer à son devoir. Il ajoute ensuite qu'il est persuadé qu'Alype ne pensait pas autrement. Ensuite, à l'exemple de Paul, qui, dans une semblable occasion avait pris Dieu à témoin, il confirme son serment. Puis, il arrive au serment de Pinien dont il ne parle pas autrement que dans sa lettre à Alype à laquelle il renvoie Albine. On peut conclure de là qu'elle se trouvait à cette époque à Tagaste et qu'elle ne s'en était pas encore éloignée. En outre, il fit remettre à Albine les mémoires où se trouvaient consignées les plaintes des habitants d'Hippone envers Pinien à cause de son absence.
8. Qu'arriva-t-il ensuite ? On ne le dit nulle part, excepté dans la vie de la bienheureuse Mélanie, épouse de Pinien, où l'on voit qu'elle passa sa sainte vie d'abord en Égypte et puis
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(1) Lettre Cxxv, (2) Lettre cxxv. (2) Lettre cxxvi.
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en Palestine, après avoir demeuré sept ans en Afrique (1). Il est probable qu'elle ne resta pas dans cette contrée au-delà de l'année 415, époque à laquelle Jérôme écrivait à Ctésiphon une lettre où il lui parlait de Mélanie son aïeule (12). En 418, après la condamnation, par le pape Zozime, de Pélage qui était à cette époque en Palestine, Albine, Pinien et Mélanie écrivirent à Augustin pour se consulter sur un colloque qu'ils avaient eu avec cet hérésiarque. Augustin leur envoya pour réponse, les deux livres sur la grâce du Christ et sur le péché originel, où il leur dit qu'il est on ne peut plus heureux d'apprendre qu'ils vont bien de corps et surtout d'esprit. L'année suivante, Jérôme qui vivait alors dans un monastère de Bethléem, salua de leur part le saint évêque (3). Ces témoignages réciproques d'amitié et de déférence suffisent pour que nous pensions que Pinien ne s'est pas éloigné au mépris de ses promesses, ni contre la pensée d'Augustin qui avait peut-être usé de toute son influence et eu recours aux prières pour décider les habitants d'Hippone à le délier de son serment.
9. C'est sans doute, cette même année 411, qu’Augustin écrivit à Armentaire et à Pauline (4), puisqu'il parle dans sa lettre du sac récent de Rome par les barbares, et des calamités auxquelles le monde entier était en proie, perdant ainsi toutes ces vaines et trompeuses amorces par lesquelles il entraîne ordinairement les hommes à l'erreur, et captive l'amour des insensés. Armantaire et son épouse Pauline, avaient fait vœu de consacrer à Dieu le reste de leurs jours et même, parait-il, d'embrasser la vie monastique. Pauline était toute prête à se donner au Seigneur, par la profession de la continence parfaite. Mais Armentaire semble n'avoir pas été également disposé à renoncer de suite aux habitudes de la vie conjugale, et avoir différé de le faire pendant quelque temps. Ce fut alors qu'Augustin, instruit de leurs intentions par un de leurs proches, nommé Rufère (5), leur écrivit à tous les deux une lettre admirable dans laquelle cependant il s'adresse uniquement à Armentaire, et l'engage par de puissantes raisons, à accomplir sans retard son vœu qu'il ne peut violer sans une faute grave.
CHAPITRE X
1 . Conférence de Carthage entre les évêques catholiques et les donatistes : Marcellin l'annonce. - 2. Discours d'Augustin à Carthage peu de temps avant l'ouverture de la conférence. - 3. Entrée bruyante des donatistes dans cette ville, leur nombre. - 4. Marcellin règle par un décret l'ordre de la conférence. - 5. -Les donatistes veulent que tous les leurs assistent à la conférence: ils refusent de souscrire à ses actes. - 6. Les catholiques proposent aux donatistes, si l'Eglise est victorieuse, de conserver leur titre d'évêques en revenant à l'unité ou de s'en démettre tous ensemble. - 7. Second sermon d'Augustin sur la paix avant la conférence. - 8. Les catholiques délèguent des Evêques pour discuter avec les schismatiques, et leur remettent un mandement très remarquable.
1. Le tribun Marcellin qui avait reçu de l'empereur la mission de réunir en conférence les catholiques et les donatistes, ne négligea rien, à son arrivée en Afrique, pour assurer à force de soins et de zèle, le succès de cette importante affaire. Toutefois, on ne trouve de lui aucun décret avant celui qu'il fit publier quatre mois avant le 1er juin, ou mieux avant le 19 mai, c'est-à-dire le 19 janvier 411. Il envoya cet édit avec l'ordre d'Honorius, dans toute l'Afrique, pour enjoindre (6) aux magistrats des provinces de convoquer, selon l'usage juridique, les évêques catholiques et donatistes, afin de choisir pour cette conférence, les hommes les plus savants de leur parti et les envoyer à Carthage dans les quatre mois de l'ordonnance impériale (7). Il jure par tout ce qu'il y a de plus sacré, de ne rien décider que selon ce qui lui paraîtra vrai d'après les preuves apportées de part et d'autre. Cependant, comme lui-même était catholique et, pour cette raison, pouvait devenir suspect aux donatistes, il voulut leur montrer son équité par des concessions qui excédaient même ses pouvoirs, et comme il l'avouait, les or-
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(1) Suitius, 31 Decembre au 2 Janvier. (2) Ré.'ract., 1. il, eh. L. (3) Lettre à Auyustin, ccii, n. 2. (4) Lettre cxxviI. (5) [bid., il. 1. (6) Abrégé de la Conf. 1, eh. il. (7) Conf., à Carth.
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dres de l'empereur (1). Ainsi il permet à tous les évêques donatistes qui, appelés à la conférence, promettront de s'y rendre, qu'ils seront rétablis, avant même la conférence en la possession de leurs églises et de leurs droits, dont les décrets impériaux les avaient dépouillés pour les faire passer aux catholiques (2). En même temps, comme en vertu d'un pouvoir discrétionnaire, il suspend tout procès et toute action judiciaire commencée ou près de l'être contre eux. Enfin, il promet sous serment, que quelle que soit l'issue de la conférence, tous les donatistes qui s'y seront rendus pourront retourner chez eux en toute liberté. Mais, ce qui est le plus étonnant, il se montre prêt, dans le cas où il leur serait suspect, à admettre dans cette affaire un des leurs comme assesseur et de lui accorder une autorité égale, ou même supérieure à la sienne. Marcellin fixe, au 1er juin, le délai de quatre mois pour l'ouverture de la conférence (3). C'est ainsi qu'avait lu Augustin quand il assura que, dans le second décret où ce terme est également arrêté, le jour fixé est le même que dans le premier (4). Cependant, dans la conférence, le secrétaire déclara que le terme fixé par le décret était échu au 19 mai (5). Augustin, d'accord avec le secrétaire au sujet du premier décret envoyé dans toute la province, convient qu'il portait cette date (6). Mais Marcellin reconnaît que, dans le deuxième décret sur la conférence, il avait fixé le ler juin (7). Ainsi, dans le premier édit, il fallait lire non pas le 1er juin, mais le 19 mai (8) autrement il faudrait accuser le secrétaire de s'être trompé, comme Augustin le dit d'ailleurs dans un autre endroit (9). Quant au second décret, il assigne le 1er juin à la réunion de la conférence pour faire comprendre qu'il n'a jamais été fixé d'autre jour. Dans la seconde et la troisième réunion, les catholiques soutinrent que les quatre mois fixés dans le premier décret, dont ils invoquent les paroles, se terminaient au 1er juin (1)? Ce qu'ils prouvaient par les paroles de Primien qui, appelé à la conférence, avait promis de s'y rendre ce jour-là, ainsi que les donatistes eux-mêmes qui n'avaient pas donné leurs instructions à leurs délégués chargés de défendre leur cause dans la conférence, avant le 25 mai, sans demander auparavant aucun ajournement, ni aucun jugement au sujet du jour de la conférence (11).
2. Cette année, la fête de Pâques tombait le 25 mars, par conséquent la Pentecôte le 14 mai. La discipline faisait suivre cette fête d'un jeûne (12), soit du jeûne ordinaire, qui s'observait pendant toute l'année, le mercredi et le vendredi, à l'exception du temps pascal; soit d'un autre extraordinaire; comme semblent l'indiquer les paroles d'Augustin. En effet, dans sa table, Possidius rapporte deux sermons prononcés durant le carême (13). C'est à cette époque que le saint docteur prononça un discours sur la paix, commençant ainsi : « C'est le temps de vous exhorter (14).» Il se plaint que les donatistes montrent les sentiments les plus hostiles pour la paix et la réconciliation. Il exhorte les catholiques à la paix, afin de pouvoir sauver les dissidents, et les prie de fuir avec le plus grand soin toute occasion de dispute, de rixe avec les hérétiques, pour ne pas augmenter leur irritation et les rendre plus implacables. Maintenant, dit-il, on s'occupe à les guérir, leurs yeux malades sont tout enflammés, ils exigent plus de précautions, de soins, de douceur et de ménagement (15). Il leur recommande de supporter avec patience leurs invectives contre l'Eglise ou contre les évêques, d'invoquer Dieu dans leurs prières, pour leur salut; de lui offrir les jeûnes de ce temps pour le retour des schismatiques à la communion catholique et pour les évêques qui doivent prendre la défense de l'Église ; mais surtout de donner plus de poids à leurs prières par une généreuse libéralité à l'égard des pauvres. Il exhorte particulièrement ses auditeurs à exer-
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C-nf., de Car/h 1, eh XXV,, I, Ch. III.
- (6) Abîegé (le la Co,if., 1, eh. vil,. (7) Conf.,'(ie Car'lh. 1, ch. xxiii. (8) Ibi'd., (5_'~ 1) Abregé de la COnf., 1, ch. 11. (2) Conf., de Carth. I, ch. V. (3) Ibi'd., (4) Abrégé de la Colif., ch. 5- (9) Ibid., ch. xxv,,: de Car-lh. H, Ch. L. Ibid., 111, ch. CDIV. 'Ib', de la CunI., H, ch. In.
(11) Cfflef., de Garth 1, égé
CCCL'Vll- (t5) 1bid., n.»4. -'~XVII1- CCCLVU,n. 5. (13) Dans le sommaire, ch. ix. (14) Semn.,
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cer l'hospitalité en saisissant l'occasion offerte par l'arrivée des serviteurs de Dieu. Nul doute qu'il s'agit des évêques que la conférence doit amener à Carthage, ou des religieux attachés à leur suite. Ce qui fait voir qu'Augustin a prononcé ce sermon dans la ville même. En effet, il parle de ce premier sermon dans un autre sermon qu'il a certainement prononcé à Carthage (1).
3. Ce ne fut point avec pompe et dans un fastueux appareil que les catholiques vinrent au lieu de la réunion; ils arrivèrent séparément en évitant l'ostentation des donatistes,(2): ces derniers en effet, le jeudi 18 mai, entrèrent à Carthage avec tant de magnificence et un cortége si nombreux, que de tous côtés ils attirèrent sur eux les yeux des habitants de cette grande ville (3). Ils se vantaient tellement d'avoir pour témoin de leur arrivée Carthage et l'Afrique tout entière, qu'il n'était permis à personne d'ignorer cet événement. Ils ajoutaient qu'ils y étaient amenés par l'édit de Marcellin qui les convoquait en hâte à Carthage; les vieillards mêmes accablés par les ans, n'avaient point cru que leur faiblesse fût pour eux un motif de dispense de venir et que, dans les provinces, il n'était resté que ceux que la maladie retenait contre leur gré : c'était certainement la vérité; car leurs primats écartant toute exception, leur avaient ordonné de se rendre tous à la conférence, en faisant remarquer que ceux qui refuseraient de venir avec les autres, amoindriraient d'autant une cause qui devait leur être chère pardessus tout (4). Aussi quand ils furent invités à la conférence par les actes publics promirent-ils de s'y rendre avec empressement et quoiqu'ils sussent bien que Marcellin était catholique, ils l'acceptèrent pour juge en matière de foi (5). Si leur primat leur avait dit que leur présence servirait beaucoup à leur cause, ce n'était au dire d'Augustin qu'en s'y montrant en plus grand nombre possible (6). Aussi allèrent-ils jusqu'à recourir au mensonge et à la fraude pour grossir le nombre de leurs évêques au point de porter leur nombre à deux cent soixante-dix-neuf, nombre pourtant inférieur à celui des évêques catholiques (7) qui était de deux cent quatre-vingt-six (8). En outre, d'après les actes de la conférence, il y avait encore deux cent vingt évêques catholiques ou au moins cent vingt autres (9), c'est le nombre que donnent saint Augustin et les actes de la conférence; ces évêques étaient retenus dans leurs provinces par la vieillesse ou par toute autre nécessité. Il y avait en outre soixante églises catholiques veuves de leur pasteur ; par conséquent si on peut s'en tenir à ce document, à ce renseignement, il faut compter qu'il y avait à cette époque quatre cent soixante-dix évêques en Afrique. Mais les schismatiques se vantèrent à la réunion d'avoir plus de sièges vacants et d'évêques absents que les catholiques et ils répétèrent plus tard qu'ils comptaient en Afrique plus de quatre cents évêques de leur communion (10). Il est vrai qu'ils ne purent citer aucun nom; et l'on voyait assez que c'était une futile et sotte vanité qui les faisait parler ainsi, par les impostures mêmes auxquelles ils avaient eu recours pour augmenter leur nombre aussi bien que par l'assurance qu'ils avaient donnée dans une note, qu'ils ne comptaient d'autres absents que les malades.
4. Dès que les évêques des deux communions furent arrivés à Carthage, Marcellin par un second édit, fixa le lieu, le jour de la réunion, ainsi que l'ordre qu'on devait y suivre (11). Il prit ses précautions pour qu'on ne pût attaquer ce qui serait dit dans la conférence. Il décréta donc que chaque partie élirait sept évêques chargés de la discussion, à qui on en adjoindrait sept autres, pour les aider de leurs conseils quand l'occasion le demanderait. Enfin, on devait nommer quatre autres évêques pour présider à la rédaction des actes de la confé-
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(i') Serw., CCCLVIII, n. 6. (2) Brevic. Collat. 1, eh. xi. (3) Collat Carth. 1, eh. xiv-xxix. (4) Aux donalistes aprèsla Conf., XLI. (5) POSSID,.dans la vied'Auguslin. eh. iv. (6) Aux Donutiste apre8 la conf., n. 41. (7) Conf., de Carth. I, Ch. CCXIII. (8) &evie Conf., L eh. xiv, et Conf., Carth. 1, eh. CCLXXXlV. (9) Brevic. Conf, 1, eh. xiv. (10) Aux donatistes après la Conf., n. 41. (11) Coiif., I, eh. iii.
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rence. La réunion devait avoir lieu dans les thermes Gargilie, qu'on avait choisis comme l'endroit le plus propice (1). Ce monument se trouvait au milieu de la ville : il était assez vaste, bien éclairé, frais et parfaitement convenable pour une si illustre assemblée: il nous reste une inscription sur la restauration qui en fut faite, par les soins et aux frais de Thrasamond, roi des Vandales (2), Il pouvait facilement contenir tous les évêques catholiques et donatistes, puisque tous y entrèrent en effet, en même temps; mais comme ce grand nombre d'assistants n'aurait pu engendrer que de la confusion, Marcellin établit qu'on en refuserait l'entrée à tous les évêques sauf les vingt-huit ou trente-six dont on a parlé plus haut; et il pria les prélats d'avertir les fidèles de leur communion de ne point se rendre à cet endroit le jour de la conférence. Il ajouta que son désir était que les évêques des deux partis déclarassent avant l'ouverture de la conférence, qu'ils regarderaient comme bien fait tout ce qui serait décidé par les sept évêques délégués par les deux communions, que l'acte en serait dressé en sa présence et lui serait remis signé par eux. Tout ce qu'on dirait devant être immédiatement recueilli par des écrivains publics en même temps par quatre secrétaires de chaque parti ; et pour qu'on ne pût douter de la bonne foi de personne, les quatre évêques chargés de chaque côté de veiller à la rédaction des actes devaient veiller avec le plus grand soin sur le dépôt de ces mêmes actes, et de plus pour qu'on ne pût en aucune manière les accuser de corruption ou de variation, les discours seraient signés par chacun des évêques ce qu'il promit de faire lui-même pour ses propres interlocutoires. Ce rapport ainsi rédigé et signé par les quatorze évêques délégués pour la discussion, devait être affiché en publie pour que le peuple de Carthage pût le lire et juger. « En effet, dit Marcellin, puisque l'auguste volonté de l'empereur m'a nommé pour juger ceux auprès de qui je me reconnais indigne de représenter un prince si illustre, j'ai cru qu'il était de ma bonne foi et de ma diligence de vouloir être jugé d'après mon propre jugement. Aussi j'aurai soin de faire paraître non seulement, en cette ville, mais dans toute la province l'ordre de toutes les matières traitées, je réunirai tous les discours des évêques chargés de la discussion, ainsi que la série des décisions que j'aurai portées et je ferai paraître ce livre en public. Car on ne peut avoir foi en un juge, qu'autant qu'il ne craint pas les jugements que l'on porte sur lui (3). » On ajouta encore que dès qu'une question serait décidée, on apposerait sur les tablettes le sceau de Marcellin et des évêques chargés de contrôler les actes. C'est par une protection toute spéciale, que Dieu inspirait de prendre, toutes ces précautions contre les donatistes, qui ne pouvaient les mépriser ensuite sans s'exposer aux plus justes reproches de légèreté d'esprit (4). Aussi Marcellin déclare-t-il que celui qui chercherait à s'y soustraire montrerait combien peu de confiance il a en sa cause, et avec combien peu de bonne foi il a résolu d'agir. Il décréta encore qu'on lui adresserait des lettres signées par les primats de chaque partie, où les catholiques et les donatistes déclareraient qu'ils acceptent les conditions proposées dans l'édit. Dans un discours plein d'éloquence, il exclut de la conférence, les maximianistes (5), qui, en vue sans doute de donner quelque importance et quelque éclat à leur petit nombre et à leur peu d'importance, avaient présenté une demande écrite d'être admis à la conférence; mais cette vanité ne rencontra que le mépris des catholiques (6).
5. Le 25 mai 411, les donatistes font remettre à Marcellin l'acte qu'ils appellent une note, dans lequel Janvier et Primien, qui seuls l'avaient signé, et d'autres évêques sincèrement chrétiens et gardiens de la vérité catholique (ce sont leurs propres paroles), refusaient leur assentiment à son second édit, surtout pour ce qui regardait les signatures. De plus, ils demandaient vivement à être tous admis à la conférence (7). Ils refusaient de signer les actes afin de pouvoir accuser le juge de les avoir
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(1) eonf., Carth. 1, ch. XVIII. (2) RIVius, dans la vie de saint Augustin. pag. 359. (3) Conf., de Carjh. I, eh. x. (4) Let, CXLI,11. 2. (5) Conf. , de Carth. 1, eh. x. (6) Contre Julien. liv. in, n. 5. (7) Conf., de Carth., ch. xiv
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altérés si l’intérêt de leur cause le demandait(l). Bien que leur note réclamât la présence de tous leurs évêques à la conférence, cependant les donatistes nommèrent le même jour, c'est-à-dire le 8 juin, sept des leurs chargés de défendre la cause de l'Eglise de Dieu, disaient-ils (car telles sont leurs expressions), contre les traditeurs et les persécuteurs; et ils promirent d'accepter tout ce que feraient leurs représentants (2). Tous, en l’absence de Marcellin, signèrent cet écrit (3), rédigé en forme de lettre, que les électeurs certifiaient avoir donné, eux présents, à leurs délégués en personne (4). Ils se virent enfin contraints de donner leur signature, nécessaire pour confirmer les actes, ce qu'ils avaient d'abord refusé de faire (5). Voici les évêques qu'ils avaient choisis pour soutenir la discussion : Primien de Carthage, Pétilien de Cirta, Emérite de Césarée, Protais de Tubinia, Montan de Zama, Gaudence de Thamugade et Adéodat de Milève.
6. En même temps que les donatistes répétaient sans cesse qu'il y avait beaucoup de conditions dans le second édit de Marcellin qui les contrariaient, les catholiques, au contraire, consentaient à tout, et promettaient d'observer religieusement ce qui avait été réglé. Ils adressèrent à Marcellin une lettre pour lui en faire part (6). Lui-même la distingue de la note des donatistes en l'appelant une lettre (7). Aurèle de Carthage et Silvain de Summa, doyen et primat de Numidie, la signèrent au nom des autres évêques (8). Dans cette lettre, ils proposent l'exemple des maximianistes, que les donatistes avaient reçus avec tous ceux qu'ils avaient baptisés, sans priver de leurs titres les évêques mêmes qu'ils avaient condamnés auparavant. Ils ajoutaient que leur dessein, en demandant cette conférence, était de prouver que l'Église répandue dans tout l'univers ne peut périr par les fautes de quelques-uns de ses membres. Que la cause de Cécilien était terminée par la preuve de son innocence et des calomnies de ceux qui l'accusaient; que tous les autres accusés par les donatistes étaient innocents, ou, s'ils étaient coupables, leur faute ne pouvait nuire à l'Église. Ce qui fait principalement la célébrité de cette lettre, c'est que les catholiques y promettaient de se faire donatistes en renonçant à leurs titres d'évêques, si ceux-ci réussissaient à prouver que l'Église n'existe que dans leur communion; au contraire, s'ils prouvaient eux-mêmes que toute la faute est du côté des donatistes, ceux-ci pourraient néanmoins conserver leurs sièges s'ils consentaient à revenir à l'unité. Dans les églises où se seraient trouvés deux évêques, l'un catholique, l'autre donatiste, ils devaient occuper tour à tour le siège épiscopal, mais pendant l'épiscopat de l'un, l'autre devait siéger près de lui, sur un trône un peu moins élevé, comme sont traités les évêques de passage, ou bien chacun garderait son église jusqu'à ce que l'un étant mort, l'autre devînt seul évêque selon l'usage. Si les populations ne souffraient que difficilement la présence de deux évêques dans un seul diocèse, tous les deux se démettraient et on mettrait à leur place un évêque qui n'aurait pas eu de compétiteurs donatistes. « Pourquoi, disent les Pères catholiques, hésiterions-nous à faire ce sacrifice d'humilité à notre Rédempteur, qui est descendu du ciel dans un corps d'homme, afin que nous devinssions ses membres? Craindrions-nous de descendre de nos sièges pour empêcher ses membres d'être déchirés par une cruelle division? Tout ce qui nous est nécessaire, c'est d'être des chrétiens fidèles et obéissants: soyons le donc toujours. Nous avons été faits évêques pour le peuple chrétien; faisons donc de notre épiscopat ce qui est utile à la paix chrétienne des enfants du Christ. Si nous sommes des serviteurs utiles, pourquoi préférerions-nous nos dignités temporelles à notre bien éternel? La dignité épiscopale nous sera plus fructueuxsi, en la déposant, nous rassemblons le troupeau du Christ que si, en la retenant, nous le dispersons. Car de quel front espérerions-nous l'hon-
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(1) Aux donatiste.9 aprèr la Conf., n. 15. (2) Conf., de Carth., I, eh- MV111. (3) La mème, eh. CLIV-CLIX. (4) Ibid., eh. CXLVI1I- (5) Aux dona1útes aprè.Y la Conf.3 n. 15. (6) Conf., de Carth. 1, eh. xvii, (7) La mèrae, ehxvi-xviii. (8)La méme, eh. xvi. =================================
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neur promis par le Christ dans le siècle futur, si notre dignité empêche en ce monde l'unité chrétienne (1). Augustin, après avoir fait lire dans l'assemblée une partie de cette lettre, parla ainsi pendant un instant sur la proposition que nous venons de citer. Pendant cette lecture, Augustin prit la parole et dit : Je vais raconter à votre charité une chose bien douce et bien agréable, que le Seigneur m'a fait la grâce d'éprouver. Avant la conférence, nous trouvant plusieurs évêques réunis, nous nous entretenions ensemble sur ce sujet, et nous disions que c'est pour la paix du Christ qu'un évêque doit être ou cesser d'être évêque. Je dois vous avouer que, en jetant les yeux sur tous nos frères et collègues en épiscopat, nous n'en voyions pas beaucoup qui devaient accepter ce dernier parti et se montrer disposés à faire ce sacrifice d'humilité au seigneur. Nous disions, comme cela arrive ordinairement en ces sortes de rencontres : Celui-ci le ferait bien, celui-la ne le ferait point ; cet autre y consentirait, mais un tel ne le voudrait jamais. En parlant ainsi, nous suivions plutôt nos conjectures que la connaissance de leurs dispositions intimes, puisque nous ne pouvions les voir. Mais quand on en vint à faire cette proposition dans le concile qui comptait près de trois cents évêques, elle fut si bien goûtée de tous, que tous s'écrièrent qu'ils étaient disposés à se démettre de l'épiscopat pour l'unité du Christ, croyant non le perdre en agissant ainsi, mais le mettre plus sûrement en dépôt entre les mains de Dieu. Il s'en trouva deux à peine à qui la proposition ne plut point : l'un était un vieillard qui, à cause de son âge très avancé, ne craignit point de dire son sentiment; l'autre manifesta en silence, par l'air de son visage, que la chose ne lui plaisait point. Mais le vieillard, en voyant tous nos collègues s'élever contre le sentiment qu'il avait librement exprimé, changea d'avis, et l'autre de visage (2). Cette proposition si chrétienne fut non seulement confirmée par la signature de plusieurs évêques, mais aussi consacrée par la prière adressée à Dieu par tout le concile (3). Bien que les donatistes se soient refusés à reconnaître la vérité, les catholiques ne laissèrent pas que de leur offrir les mêmes conditions qu'ils exécutèrent de bonne foi envers ceux qui rentrèrent dans le sein de l'Église catholique. Il est constant, en effet, par le concile tenu à Carthage, en 418, que les donatistes conservaient ordinairement leur titre d'évêques en rentrant dans l'Église (4).
9. Ailleurs, saint Augustin rapporte la promesse admirable des principaux évêques d'Afrique qui s'étaient engagés par serment à se démettre de leur charge (5), et il prie Dieu d'agréer et d'accepter ce sacrifice inspiré par la charité (6). Si on veut en savoir plus sur ce sujet, il faut consulter le sermon d'Augustin sur la paix et la charité, prononcé après la lecture de la lettre dont nous venons de parler, autant qu'on peut le conjecturer par ce qu'il dit de cette condition offerte par les évêques catholiques, avant la conférence. Il cite dans ce sermon le second et le troisième édit de Marcellin, par lequel ce dernier fit connaître la lettre des catholiques, comme nous le dirons plus loin, puis il exhorte le peuple à obéir aux édits de Marcellin, à ne pas envahir le lieu de la conférence, et même à ne point s'en approcher tant qu'elle ne serait pas achevée, afin de ne point fournir une occasion de tumulte à ceux qui ne demandaient pas mieux que d'en causer (7). Le pieux évêque manifeste devant le peuple de Carthage un désir de ramener les schismatiques à l'unité : il appelait ce résultat désiré, la véritable victoire. « Car, disait-il, la vérité seule peut triompher, et le triomphe de la vérité c'est la charité (8) » Il montre enfin comment on doit défendre la cause de Cécilien, et dissiper tous les doutes dans les âmes sur son compte (9). « Que vous prescrivons-nous, » dit-il au peuple?» «Le parti le plus avantageux pour la piété. Nous discuterons pour vous, et vous, vous prierez pour
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(1) Confer. avee rm&ile. n. 6. (2) Se,,m,, ffique. can. ---VILI-GXix. (4) Sernì., CCCLIx, n au . 5 x fidéles de PEglise d'Alger n. 1. (3) Recueì1, des Canons d'A-
(8) La méme, n. 1 . (9) La méme, n. 3. -Q5) Serìn., rccLvw. n. 4. (6)'La méme, n. 6. (7) La nAine, n. 6.
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nous. Aidez-nous de vos prières, de vos jeûnes et de vos aumônes. Donnez des ailes à nos adversaires et ils voleront à Dieu. En agissant ainsi, vous nous serez peut-être plus utiles que nous ne le serons. Car chacun (aucun) de nous, dans cette discussion, ne compte sur ses propres forces. Tout notre espoir est en Dieu (1). »
8. Dans leur lettre, les catholiques priaient Marcellin de la mettre sous les yeux de tous, afin de guérir ou de dompter les cœurs faibles ou endurcis des schismatiques par le témoignage manifeste de la charité chrétienne (2). Marcellin s'était engagé autant et plus qu'il n'était nécessaire, à soumettre sa conduite à l'appréciation de tous (3). Il fit donc afficher publiquement la lettre des catholiques et la note des donatistes; par ce moyen, la note de ces derniers parvint à la connaissance des catholiques. Ceux-ci envoyèrent à Marcellin une autre lettre signée par Aurèle et Silvain, dans laquelle ils faisaient part, au tribun, de leurs craintes de voir tous les donatistes admis à la conférence; car ils voyaient, dans cette demande que rien ne motivait, comme il était facile de le voir, une occasion de sédition ; ils ajoutèrent qu'ils y consentiraient néanmoins si les dix-huit évêques catholiques désignés par le second édit de Marcellin, assistaient seuls à la conférence, en sorte que s'il s'élevait quelque tumulte, on ne pût l'attribuer qu'aux donatistes. Enfin, ils terminaient en disant qu'ils seraient heureux si leurs craintes étaient vaines, et si les donatistes n'avaient d'autre intention, en voulant assister tous aux débats, que de se trouver tous présents, après la conférence, à cette solennelle réconciliation qui devait réunir les deux églises en une seule, et aux actions de grâce qu'on rendrait à Dieu pour le rétablissement de la communion chrétienne (4). Cette lettre exposait d'une manière si claire et si concise le motif de cette précaution, que les donatistes avaient la simplicité de se plaindre de ce que les catholiques avaient abordé cette question avant même qu'on en eût débattu les conditions Préliminaires (5). Le 28 mai 411, tous les catholiques choisirent les évêques de leur communion chargés d'assister à la conférence et écrivirent, dans l'église de Carthage et en présence de Marcellin, un mandement dont ils voulurent que leurs représentants fussent munis. De plus, ils choisirent Aurèle de Carthage et Silvain, primat de Numidie, pour présider l'assemblée qui se composait de deux cent soixante-six évêques. Voici les noms de ceux qui furent chargés de la discussion à la conférence : Aurèle de Carthage, Alype de Tagaste, Augustin d'Hippone, Vincent de Culusita, Fortunat de Constantine, Fortunatien de Sicea, Possidius de Calame ; pour conseils on prit les sept suivants : Novat de Sétif, Florence d’Hippone, Zarrite, Maurence de Thabursica, Priscius de Quidia, et Squillace de Scillita. Enfin, on chargea de veiller à la rédaction des actes Deutère de Césarée, Léon de Mopta, Astère de Vicum, et Restitut de Ragore (6). Il est vraisemblable que ces deux cent soixante-six évêques signèrent selon l'ordre de leur élévation à l'épiscopat. Cependant les dix-huit délégués, excepté Aurèle, qui signa le premier, signèrent les derniers (7). Tous les évêques gardèrent cette formule en signant : X. , évêque de N., étant à Carthage, ai consenti à ce mandat, fait par nous, et l'ai signé en présence de V. C. Marcellin, tribun et notaire; d'autres ont mis : J'ai mandé et souscrit (8). Ceux à qui était confié le rôle de la discussion mettaient à la place de ces mots : J'ai consenti au mandat fait par nous. « J'ai accepté ce mandat. » Le mandat des catholiques, qui est en même temps leur réponse à l'accusation intentée par les schismatiques, renfermait à dessein les choses les plus importantes à opposer à la note des schismatiques; car le bruit s'était répandu que les donatistes avaient l'intention d'élever des contestations sur certaines prescriptions et certaines formules pour entraver la marche de la discussion, et il était à craindre, si cela leur était refusé, qu'ils ne rompissent la conférence (9). Aussi les catho-
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La erne, n. 6. (2) Conf. de Carth. 1, c~h. XVI. xvii. (4) La méme, ch. xviii. (5) La e, eh. xvin-xx . el abrégé de la Coul. de CarIlì. I, eh. xviii. (6,' Conf. do Car 1, e . 1, LVII. (7) La mème, Ch- CXXXVI-CXLII. t8; La méme, eh. LVII. (9) Conr. 1, eh. x. .) . M. hv-
(3) La môme ci,
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liques, par ces signatures, voulaient-ils rendre manifeste la force invincible de la vérité pour laquelle ils combattaient, et s'il arrivait aux donatistes de rompre la conférence, de faire comprendre à chacun qu'ils ne refusaient de discuter que parce que, se trouvant sans réponse, ils désespéreraient de vaincre.