La messe, une prière contemplative
La prière contemplative est celle qui « considère le royaume de Dieu présent dans la Sainte Écriture, dans notre âme et dans le monde pour y adhérer plus profondément »[1]. Compte tenu de son contenu, elle peut être une prière individuelle ou bien liturgique car « en l’une comme en l’autre, il s’agit de considérer le mystère de Salut »[2]. De ce fait, la messe est sans aucun doute une prière contemplative. Elle est une prière contemplative par excellence dans ce sens qu’elle permet à l’assemblée liturgique de contempler non seulement les mystères de notre salut mais aussi et surtout Dieu qui est réellement présent au milieu de son peuple.
Assurément, Dieu demeure tout près de nous pendant la messe et nous révèle les mystères de notre salut par sa parole et en nous offrant lui-même dans l’Eucharistie. Dans ce cas, l’homme est capable de contempler Dieu, d’écouter sa parole et de faire un colloque avec lui en profitant surtout des moments de silence que prescrit la liturgie romaine de la messe. Bien plus, « ce qui se produisit le soir de la cène, lorsque le Seigneur, disposé à la mort, se donna aux siens comme la nourriture de la vie éternelle, redevient réellement actuel dans une action dont la ressemblance même à celle qui fut alors accomplie, est manifeste au plan visible du rite »[3]. Ce mémorial eucharistique permet à l’homme tout présent dans la messe, de contempler davantage le Christ dans sa réalité personnelle, de le toucher de ses mains en communiant à son corps et de dialoguer intérieurement avec lui après la communion. Après l’Ite, missa est, le missionnaire commence à appliquer les fruits de cette savoureuse contemplation dans ses activités apostoliques en annonçant aux autres ce qu’il a entendu, ce qu’il a vu de ses yeux, ce qu’il a contemplé, ce que ses mains ont touché du Verbe de Vie pendant la messe.
Abbé Gratien KWIHANGANA
[1] A. –C. BERNARD, Traité de théologie spirituelle, Cerf, Paris 1986, p. 368.
[2] Ibid.
[3] R. GUARDINI, La Messe, Cerf, Paris 1957, p. 162.