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----------- ce n’est pas seulement le peuple qui parle dans ces livres, mais Dieu qui agit en lui et par lui. La figure de l’« auteur », qui est si importante pour la recherche historique, connaît donc plusieurs niveaux : l’auteur individuel est porté par le peuple dans sa totalité. Cela se montre précisément dans les continuations et transformations toujours nouvelles des livres; ------------. En fin de compte, ce n’est pas un auteur individuel qui parle, mais les textes croissent dans un processus de réflexion, de culture, de nouvelle compréhension, qui dépasse chacun des auteurs individuels. Or, c’est précisément dans ce processus des dépassements qui relativise tous les auteurs individuels, qu’un dépassement plus profond vers le transcendant est à l’œuvre : dans ce processus de dépassements, de purifications, de la croissance, l’Esprit inspirateur est à l’œuvre qui, dans la parole, mène les actions et les événements et qui, dans les événements et les actions, pousse à nouveau à la parole.
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---------------------------. À la suite de
Dei
Verbum 12, les
numéros 109 et 110 nomment les exigences historiques essentielles : être
attentif à l’intention des auteurs sacrés, tenir compte des conditions de leur
temps et de leur culture ainsi que des manières de penser, de parler et de
raconter, courantes en ce temps-là (cf. n° 110). Il faut également qu’il y ait
ces éléments méthodiques corrélatifs de la compréhension des livres comme d’un
seul livre et comme fondement de la vie du peuple de Dieu dans l’Ancienne et la
Nouvelle Alliance : porter une attention au contenu et à l’unité de toute
l’Écriture; lire l’Écriture dans la Tradition vivante de toute l’Église; être
attentif à l’analogie de la foi (cf. nos 112-114). --------- « Aussi différents que soient
les livres qui la composent, l’Écriture est une en raison de l’unité du dessein
de Dieu, dont le Christ Jésus est le
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centre et le cœur, ouvert depuis sa Pâque. ‘Le cœur du Christ désigne la Sainte Ecriture qui fait connaître le cœur du Christ. Ce cœur était fermé avant la passion car l’Écriture était obscure. Mais l’Écriture a été ouverte après la passion, car ceux qui désormais en ont l’intelligence considèrent et discernent de quelle manière les prophéties doivent être interprétées’ (Thomas d’Aquin, Psaume 21,11). »
------ Tous les textes se trouvent dans un processus de continuation dans lequel leur potentiel de sens s’élargit toujours ; aucun texte n’appartient par conséquent à un seul auteur historique. Puisque le texte lui-même est marqué par ces processus, en raison de la nature littéraire qui lui est propre, il n’est pas permis de l’attacher à un moment historique précis et de l’y enfermer. En même temps, on le fixerait ainsi au passé, tandis que lire l’Écriture comme Bible signifie justement que l’on trouve le présent dans la parole historique et que le futur s’y ouvre. -------Ensuite il y a le sens
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dit « allégorique ». Malheureusement, ce mot
si discrédité nous voile la chose dont il s’agit: dans la parole, écrite dans
un contexte historique précis, transparaît néanmoins un chemin de la foi qui
situe ce texte dans l’ensemble de la Bible et qui, dépassant le moment d’alors,
l’ordonne toujours à partir de Dieu et vers Dieu. Puis, il y a la dimension morale - -------
la dimension eschatologique, ------
--------- « La foi chrétienne n’est pas une ‘religion du Livre’ », dit le Catéchisme laconiquement (n° 108). --------. Au centre de la foi chrétienne ne se trouve pas un livre, mais une personne - Jésus-Christ qui est lui-même la Parole vivante de Dieu et qui s’interprète lui-même pour ainsi dire dans les mots de l’Écriture, qui, eux, ne peuvent par contre être bien compris que dans la relation vivante avec lui. Et puisque le Christ construit l’Église, le peuple de Dieu, comme son organisme vivant, son « corps », la relation avec lui demande qu’on soit en pérégrination avec ce peuple qui est le véritable auteur et propriétaire humain de la Bible. Si le Christ vivant est la véritable norme de l’interprétation de la Bible, cela signifie que nous ne pouvons bien comprendre ce livre que dans la compréhension commune de la foi, synchronique et diachronique, de toute l’Église. ---------------