Lors d’un entretien sans détour accordé au podcast Pikk Extra, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est exprimé sur les grands enjeux géopolitiques du moment : immigration illégale, guerre en Ukraine, avenir de l’Union européenne. Face aux journalistes Zsolt Bayer et Áron Ambrózy, il a défendu une ligne politique ferme, fidèle à ses engagements souverainistes.
Une ligne rouge : l’immigration illégale
Pour Viktor Orbán, la question migratoire reste une menace existentielle pour la Hongrie et pour l’Europe. « Je suis catégorique, les migrants ne doivent pas entrer », a-t-il martelé, avertissant que toute tentative de régularisation des clandestins constituerait un point de non-retour.
Il a vivement critiqué le pacte migratoire européen, adopté à Bruxelles, que la Hongrie refuse d’appliquer. Derrière ce texte, Orbán voit l’expression d’un projet plus vaste : la transformation de l’Europe en un empire centralisé, selon une logique fédéraliste incarnée par le fantasme d’« États-Unis d’Europe » contre lequel Budapest entend résister.
« Ce que nous combattons, c’est cette folie impériale déguisée en politique européenne », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement hongrois s’est dit confiant dans un changement de climat en Europe, notamment via une recomposition des alliances, en particulier au sein du Groupe de Visegrád (V4), afin de restaurer un équilibre entre nations souveraines et institutions supranationales.
Ukraine : Orbán dénonce un silence coupable de Bruxelles
Autre sujet brûlant : la guerre en Ukraine. Viktor Orbán a révélé qu’un citoyen hongrois aurait été battu à mort lors d’une tentative de conscription forcée dans l’ouest de l’Ukraine. Un acte jugé inacceptable, même en temps de guerre : « On ne peut pas tuer quelqu’un parce qu’il refuse de s’enrôler », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la victime possédait la double nationalité hongroise et européenne, et qu’à ce titre, l’Union européenne a un devoir de réaction. La Hongrie apporte son soutien à la famille du défunt et exige des explications de la part de Bruxelles, qui, selon Orbán, ne peut prétendre accélérer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE tout en fermant les yeux sur de telles exactions.
Pour Viktor Orbán, la sortie du Royaume-Uni a brisé l’équilibre des forces au sein de l’Union européenne. Depuis le Brexit, dit-il, la voix des partisans de l’Europe des nations a été marginalisée, au profit d’une bureaucratie bruxelloise lancée dans une course à la centralisation autoritaire.
« Depuis que les Britanniques sont partis, tout a basculé. On est passé d’un débat équilibré à une folie assumée, maquillée en politique. »
Une Hongrie stable malgré les tempêtes extérieures
Face aux turbulences internationales, Viktor Orbán a affiché sa sérénité quant à la situation intérieure de son pays. Il met en avant une économie stable, une croissance de l’emploi et la mise en œuvre de plus de 90 % du programme électoral annoncé en 2022. « C’est ce bilan qui me permet de parler aujourd’hui avec calme et confiance », a-t-il souligné.
Enfin, il a reconnu le poids croissant des mouvements politiques numériques, sans surestimer leur influence. Pour lui, la légitimité d’un gouvernement repose sur les résultats tangibles. « La politique, c’est le réel. Et si l’on tient ses promesses, on est inattaquable. »
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