St Ambroise 15

Darras tome 11 p. 69

 

   43. Ce fut le dernier acte du règne de Théodose. Le 16 jan­vier 395, l'empereur devait assister, dans la soirée, à une course de chevaux donnée en l'honneur de son fils Honorius. « Il se mit à table avec quelque appétit, mais à peine fut-il assis qu'un étouffe-ment le saisit, et il ne put achever le repas. Il insista cependant pour que le jeune prince allât présider la fête. Dans la nuit, l'état de l'auguste malade s'aggrava et la respiration, de plus en plus

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courte, fut enfin tout à fait supprimée. Il expira le 17 au matin, et ceux qui veillaient à son chevet entendirent errer sur ses lèvres mourantes le nom d'Ambroise. Il n'avait que cinquante ans, et n'en avait régné que seize 1. » C'était assez pour laisser une mémoire à jamais immortelle.

 

44. La douleur fut immense, à Milan et dans tout l'univers. Au milieu des larmes et des sanglots, Ambroise présida aux obsèques impériales et prononça l'éloge du héros. «Voilà donc, dit-il, ce que nous annonçaient ces formidables tremblements de terre, ces pluies torrentielles, ces ténèbres étranges qui voilaient l'horizon ! Le plus clément des empereurs, Théodose le Grand, allait quitter la terre. Les éléments pleuraient son départ, le ciel se couvrait d'épais nuages, le sol s'ébranlait sous nos pas, les cataractes dilu­viennes fondaient sur nous. Et comment le monde n'aurait-il pas pleuré la perte d'un prince qui avait le secret d'adoucir toutes les rigueurs de ce monde, de prévenir par sa clémence toutes les peines réservées au crime? Il est donc parti, ce grand roi, prendre possession d'un autre royaume. Car il n'a fait que changer de cou­ronne. Il va ceindre celle de l'immortalité, dans les tabernacles du Christ, dans cette Jérusalem céleste, la cité du Dieu des vertus, fondée pour les jours de l'éternité! Mais que d'orphelins il laisse ici-bas sans défense : tous les peuples de l'empire, toutes nos villes, toutes nos campagnes ! Il nous a donc quittés, ce grand empereur, mais il ne nous a pas quittés tout entier. Il nous a laissé ses fils, en qui nous devons le reconnaître, en la personne desquels nous le voyons et nous le possédons encore. Ne vous alarmez pas sur leur jeunesse : la fidélité du soldat complétera ce qui manque à l'âge de l'empereur. L'âge est parfait, dès que la vertu le com­plète. Réciproquement, c'est la fermeté de l'empereur qui fait l'héroïsme des soldats. Rappelez-vous ce que la foi invincible du grand Théodose lui a valu de triomphes ! Naguères, dans un étroit défilé, quand sa marche, retardée par un encombrement de bagages, allait compromettre le sort du combat, on le vit sauter à bas de

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1. M. de Broglie, l'Église et l'Empire rom., tom. VI, pag. 413.

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son cheval, et l'épée à Ubi perfîdia, ibi cœcitas. la main, enlever ses cohortes en criant : Où donc est le Dieu de Théodose? — Il en appelait au secours du Christ, sa voix fut entendue. A son exemple, tous s'élancèrent sur le chemin de la victoire. Vieilli par l'âge et les infirmités, l'empereur était toujours jeune par la foi. C'est sa foi qui vous a valu la victoire ; qu'à son tour votre foi soit la force et le rempart de ses fils. La foi comblera la lacune de l'âge. Est-ce que la ques­tion d'âge se posa jadis entre Abraham et Sara? Quand je vous dis que la foi égalise les âges, c'est parce que je sais qu'elle représente les choses à venir. N'est-elle pas en effet la substance même des réalités qui constituent notre espérance? Ainsi nous l'enseigne l'Écriture. Mais si la foi prête un corps à ce que nous espérons, combien plus à ce que nous voyons? Soldats, qui êtes ici en si grand nombre, il vous souvient des paroles : La perfidie, c'est de l'aveuglement ; Le proverbe est vrai, mais sa réciproque ne l'est pas moins : La fidélité, c'est l'œuvre des anges ! Oui, partout où se trouve la foi, là combattent les légions angéliques. Ne l'oubliez jamais. Servez les fils survivants, en mé­moire du père qui est mort. Vous avez plus d'obligations au prince défunt qu'à ses propres enfants. Ceux-ci ne règnent que d'hier et ne vous connaissent pas encore. Mais ils sont les représentants de leur père. C'est entre leurs mains que vous devez acquitter la dette contractée envers l'empereur. Et quel empereur ! Sa piété, sa clé­mence, sa douceur, sa justice, vous les avez connues! L'Écriture dit quelque part : « C'est chose grande et honorable qu'un homme miséricordieux ; le trouver est rare sur la terre 1. » Hélas ! Nous l'avons tous vu, nous l'avons tous admiré, ce modèle de justice, de mansuétude et de foi ! L'empereur Théodose, d'auguste mémoire, estimait à l'égal d'un bienfait l'occasion qui lui était offerte de par­donner. Jamais il n'était plus près de faire grâce qu'alors que son courroux paraissait plus violent. Les coupables dont l'attentat avait pu enflammer sa colère étaient sûrs du pardon. Combien n'en ai-je pas vu de ces suppliants, qui venaient implorer sa clé-

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1 Proverb., XIX, 3Î.

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mence ! Ils se traînaient à ses genoux, ils essuyaient le premier feu de son indignation, et puis il les relevait, les consolait et les ren­voyais absous ! Il voulait vaincre le crime en conservant les cou­pables. Je l'ai aimé! pourquoi ne le dirai-je pas? Oui, je l'ai aimé de toute mon âme, ce prince humble et miséricordieux, dont la charité inépuisable tempérait le pouvoir, ce héros au cœur pur, à l'âme pleine de mansuétude, qui personnifiait réellement ceux dont le Seigneur a dit : « Sur qui me reposerai-je, sinon sur les doux et humbles de cœur? » Je l'aimais tendrement, ce prince qui préférait la vérité à la flatterie ; cet empereur qu'on vit un jour, dans cette église, dépouiller la pourpre, se prosterner sur le pavé, déplorer sa faute et demander grâce à Dieu et aux hommes par ses gémissements et ses larmes. Les particuliers rougissent d'avoir à subir la pénitence publique, et un empereur l'a acceptée ! Il pleura tous les jours de sa vie l'erreur d'un moment. Quoi de plus ! On le vit, après une éclatante victoire qui avait coûté la vie à des milliers de soldats, s'abstenir de participer aux sacrements, de peur de porter à la table sainte des mains couvertes d'un sang glorieux! Oui, je l'ai aimé, cet homme dont la voix expirante m'appelait encore à son dernier soupir. Je l'ai aimé, ce héros qui, à son lit de mort, se préoccupait davantage de la situation de l'Église que de son propre péril. Je l'ai aimé, je le confesse, et voilà pourquoi je le pleure du fond de mes entrailles, je cherche à tromper ma douleur en prolongeant son éloge. Je l'ai aimé, et j'ai la confiance que mon Dieu accueillera la prière par laquelle je m'efforce de suivre cette pieuse âme au delà des limites de la vie mortelle, dans cette pure lumière où Théodose respire maintenant parmi l’assemblée des saints. Là, il presse dans ses bras son pré­décesseur Gratien, qui oublie ses infortunes passées en contemplant son vengeur. Là, son œil pénètre dans les abîmes de l'enfer, où Maxime et Eugène expient leur révolte contre  leur  souverain. Théodose a commencé son règne le jour où il est entré dans le royaume de Notre-Seigneur Jésus-Christ, où il a été admis dans son temple céleste. C'est là qu'il est véritablement roi ;  c'est là qu'il retrouve et Pulchérie et Flaccilla, ces doux objets de sa ten-

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dresse. Le bienheureux Constantin est venu à sa rencontre, avec la pieuse Hélène, noble stabularia, qui eut l'honneur de découvrir le berceau et la croix du Sauveur ! C'est d'eux que Théodose avait reçu ici-bas les insignes d'un empereur chrétien, ces clous sacrés qui servirent jadis à crucifier le Rédempteur, et qui sont aujour­d'hui le frein et le palladium de l'empire ! Digne ornement du front des monarques, ils ont transformé les persécuteurs en apôtres ! Diadème de la croix, devenu le symbole et la consécration des royautés humaines, après avoir été l'instrument des tortures ! 0 prince, jeune et cher objet de nos hommages et de nos vœux, gardez fidèlement cette portion sacrée de l'héritage paternel. Vous pleurez, Honorius ! Vous pleurez l'auguste père ravi prématuré­ment à votre amour. Les larmes qui tombent de vos yeux attestent votre piété filiale. Vous voudriez ne jamais vous séparer de ces augustes et chères dépouilles. Vous voudriez du moins les accom­pagner jusqu'à Constantinople, où les attend la sépulture définitive. Ah ! c'est un vœu que nous partageons tous. Oui, tous, nous vou­drions escorter les ossements de Joseph dans la sépulture de la patrie, à travers les plages et les mers lointaines. Cette consolation suprême vous sera refusée. La mort de votre père vous a fait em­pereur, et un empereur se doit à l'état. Mais ne craignez pas que les honneurs manquent à ces reliques précieuses. Partout sur la route elles recevront un légitime tribut d'hommages. L'Italie, délivrée des tyrans, leur dressera des arcs de triomphe. Constan­tinople se préparait à recevoir vivant le héros vainqueur; elle s'attendait à le revoir entouré de ses glorieuses phalanges. Mais elle le recevra plus puissant, plus auguste, plus invincible dans la mort qu'il ne le fut durant sa vie. Elle recevra un hôte du paradis, un habitant de la cité céleste. Le tombeau qu'elle lui offrira ren­fermera les reliques d'un saint1

 

45. L'illustre archevêque de Milan ne survécut que quelques mois à la perte de Théodose. Les liens qui l'attachaient à la terre semblaient rompus par la mort d'un héros qu'il avait tant aimé, et

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1. S. Ambros , De oùit. Theodos.; Patr. lat., totn. XVI, col. 1386-U06.

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dont il avait lui-même possédé toute l'affection. Avec Théodose, s'étaient évanouies toutes les espérances que le patriotisme, non moins que la piété d'Ambroise avait pu concevoir, Les jeux san­glants du cirque furent rétablis à Milan. Un jour, l'un des malheu­reux condamnés à servir de pâture aux bêtes, s'échappa de l'arène et vint se réfugier dans la basilique. Il se nommait Cresconius. Son crime, quel qu'il fût, avait été suffisamment expié par l'hor­reur du péril auquel il venait d'échapper. D'ailleurs, le droit d'a­sile avait été solennellement transféré des temples païens aux églises chrétiennes. Néanmoins Stilicon, le tout-puissant ministre d'Honorius, fit arracher l'infortuné au pied de l'autel. Une escouade de soldats vint le prendre et le jeta tout meurtri de coups à deux léopards. Cette fois, les bêtes furent plus miséricordieuses que les hommes. Elles refusèrent la proie qu'on leur offrait, et se jetant sur les gardiens, les étranglèrent. Ambroise gémissait de ces scandales ; sa vertu semblait s'épurer encore et se mûrir pour le ciel. Les miracles se multipliaient sous ses pas. Le tribun Nicetius, paralysé des jambes, faisait de vains efforts pour s'approcher de la balustrade où le grand archevêque distribuait la sainte Eucharistie. Ambroise le remarqua, vint à lui, le communia et lui dit : «Allez maintenant, vous êtes guéri. » Et le tribun reprit joyeux le chemin de sa demeure. Jusqu'au dernier moment, Am­broise se préoccupa du sort de l'Église. Atteint déjà de la maladie mortelle qui devait l'enlever, il se fit transportera Verceil, où une division venait d'éclater. A la suite de la mort de l’évêque Limenius, deux factions s'étaient formées, à propos de l'élection du succes­seur. L'animosité était telle, de part et d'autre, qu'on put craindre des désordres sérieux. Ambroise parut au milieu de cette popula­tion divisée ; il adressa à la foule un de ces éloquents discours qui ne manquaient jamais leur effet. Il parla avec tant de force, de grâce et d'onction sur les devoirs de l'épiscopat, que les préten­dants vinrent se jeter à ses pieds, fondant en larmes, et le sup­pliant d'accepter leur démission et de les absoudre de leurs pré­tentions ambitieuses. Il les accueillit avec bonté, encouragea leur repentir et désigna aux suffrages du clergé et du peuple un

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modeste prêtre, Honorât, qui justifia, par la sainteté de sa vie le choix dont il avait été l'objet. Ambroise voulut le sacrer de ses mains. Ce fut la dernière solennité qu'il présida sur la terre. «Nous revînmes à Milan, dit son secrétaire Paulin. Le bienheureux en­treprit l’explication du psaume XLIIIe ; mais il était si malade qu'il ne pouvait plus écrire lui-même et qu'il était contraint de me dic­ter : chose qu'il n'avait jamais voulu faire auparavant. Il nous avait annoncé qu'il vivrait jusqu'à la fête de Pâques, mais qu'il n'irait pas plus loin. Cette prédiction m'avait plongé dans une amère tris­tesse. Tout en écrivant les paroles que l'homme de Dieu pronon­çait, j'attachais sur lui mon regard et ne le perdais pas de vue. Tout à coup, son visage m'apparut resplendissant comme la neige; une flamme céleste semblait sortir de ses lèvres, rayonner sur sa figure et couronner sa tête d'une auréole. Je demeurai stupéfait : il continuait à dicter; j'entendais ses paroles, mais il m'était im­possible de les transcrire : ma main était comme paralysée. Le soir, je racontai cette vision au diacre Castus, sous la direction duquel j'avais été placé. — Quel passage de l'Ecriture citait en ce moment le bienheureux évêque? me demanda-t-il. —Un texte du commence­ment des Actes des Apôtres, lui répondis-je : car je me souvenais très-clairement du fait. — Ne nous étonnons pas, mon frère, me répondit Castus, si l'Esprit de Dieu a choisi, pour se manifester à Ambroise, l'instant où le bienheureux expliquait son avènement sur la terre ! — Quelques jours après, le saint évêque était obligé de garder le lit. Si nous perdons Ambroise, dit le comte Stilicon, c'en est fait de l'Italie! —Dans son anxiété, le ministre d'Honorius convoqua tous les principaux Milanais qu'il savait être les amis d'Ambroise, et les supplia de se rendre près de lui et de lui demander comme une grâce personnelle de vouloir bien invo­quer lui-même la clémence divine pour sa propre guérison. Am­broise les accueillit avec sa bienveillance accoutumée; mais quand il eût entendu leur requête, il répondit : Je n'ai pas vécu au milieu de vous, de telle sorte que j'aie à m'en repentir. Je ne crains donc pas la mort, puisqu'elle me réunira au Seigneur, notre bon Maître ! —Pendant tout le temps de sa maladie, les diacres Castus, Polemius,

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Venerius et Félix passaient la nuit dans la galerie qui donnait sur l'appartement de l'évêque. Un soir, à voix tellement basse qu'à peine ils pouvaient s'entendre l'un l'autre, ils se demandèrent quel pourrait être son successeur. Le nom de Simplicianus fut pro­noncé. Comme s'il eût été présent à leur entretien, malgré la dis­tance qui les séparait, Ambroise s'écria : Il est vieux, mais il sera bon! — Trois fois de suite il répéta cette exclamation, en applau­dissant à l'idée qui était émise. En effet, Simplicianus était déjà avancé en âge. Épouvantés de ce qu'ils venaient d'entendre, les quatre diacres prirent la fuite. Dans la réalité, Simplicianus fut le successeur immédiat d'Ambroise, et fut remplacé lui-même par Venerius, l'un des interlocuteurs. Félix est aujourd'hui évêque de Bologne, Castus et Polemius continuent à édifier par leurs vertus la cité de Milan et se montrent les dignes fils d'Ambroise. Nous approchions de la Semaine Sainte. L'évêque de Lauda (Lodi), Bassianus, vint rendre visite à l'illustre malade. Pendant qu'ils priaient ensemble, Ambroise eut une vision céleste. Notre-Seigneur Jésus-Christ lui apparut, et, avec un doux sourire, lui dit : Tu seras bientôt avec moi ! Quelques jours après, survint l'évêque de Verceil, Honorât. Il était logé à un étage supérieur de la maison. La nuit du Samedi Saint (4 avril 395), il entendit, à trois reprises différentes, une voix qui lui disait : Lève-toi, il va quitter cette terre I — Honorât se leva en hâte. Nous étions tous agenouillés autour du lit d'agonie. Depuis une heure, Ambroise priait, les bras en croix, nous voyions s'agiter ses lèvres, mais nous ne distinguions pas ses paroles. Honorât lui donna le corps sacré du Seigneur. Aussitôt qu'il l'eut reçu, Ambroise rendit l'âme, emportant avec lui le via­tique du salut. Ame bienheureuse, qui s'envolait dans la société des anges, dont elle avait retracé les vertus sur la terre! Le pain d'EIie fortifia son passage ! Comme Elie, il avait osé dire aux rois de ce monde la vérité qui vient de Dieu et n'avait jamais reculé devant ce périlleux devoir. Il était minuit : nous transportâmes le corps sacré dans la basilique métropolitaine. C'est là que nous achevâmes, dans les larmes, la vigile sacrée de la Pâque. Les caté­chumènes, avant de recevoir l'eau régénératrice, venaient baiser

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une dernière fois ses mains vénérables. Le lendemain, il fut porté, au milieu des sanglots et des pleurs, dans le sépulcre qu'il s'était choisi lui-même. On s'arrachait les lambeaux de ses vêtements, les linges qui l'avaient touché. On se pressait autour du corps pour en approcher quelque objet qui devenait aussitôt une relique. La foule était immense : les rangs, les conditions, le sexe, l'âge, les dignités étaient confondus dans un même sentiment de vénération. Les juifs et les païens rivalisaient d'ardeur avec les catholiques. Mais ceux dont la douleur se fit remarquer par-dessus tout furent les nouveaux baptisés, qui perdaient leur père au moment d'en jouir. Sur ces entrefaites, arrivèrent les ambassadeurs de Frétigil, reine des Marcomans. Elle avait précédemment écrit au bienheureux pour le prier de lui faire connaître la foi du Christ. Son message avait été accompagné de riches présents, qu'elle destinait à la basi­lique ambrosienne. Le saint évêque lui avait transmis une exposition de la doctrine chrétienne, en forme de catéchisme (in moduta catechismi), dont la reine s'était montrée fort satisfaite. Elle avait engagé son époux à embrasser la foi que prêchait Ambroise, et à contracter une alliance avec les Romains. Dans ce double but, le roi des Marcomans envoyait de nouveaux ambassadeurs à l'homme de Dieu. Hélas ! ils ne trouvèrent plus qu'un cercueil 1 ! »

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