L’Esprit de la liturgie 4

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---------- L'existence hors du divin est -----une déchéance, et la finitude une sorte de péché que seule la réintégration dans l'infini peut “guérir”.

 

Ce retour ‑ le reditus ‑n'intervient que lorsque la chute s'achève à la dernière profondeur et que le mouvement se renverse et retourne vers le haut. Alors le péché de la finitude, de l'existence non divine, se dissout et, en ce sens, Dieu redevient «tout en tous».

 

La voie du reditus signifie délivrance, c'est‑à‑dire libération de cette finitude qui constitue le vrai fardeau de notre existence. Le culte est lié au retournement, à l'inversion du mouvement.

 

Moment de la prise de conscience de la chute, instant de repentir de l'enfant prodigue, en quelque sorte, le culte donne la capacité d'élever à nouveau son regard vers l'origine. ------- le culte est l'instrument d'une connaissance libératrice et rédemptrice.

 

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p27  LITURGIE, COSMOS, HISTOIRE

 

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   Le christianisme a adopté le schéma exitus /reditus en le transformant. ---------. Il s'agit du libre acte créateur de Dieu. Sa volonté a constitué l'ordre de la Création, dans un face‑à‑face où le créé a été conçu comme quelque chose de bon (cf Gn 10, ss), susceptible de lui offrir librement en retour une réponse d'amour.

 

L'existence créée ------- est le fruit d'un vouloir divin qui, dans sa bonté, engendre le bien. L'acte “existential » de Dieu, c'est‑à‑dire l'acte par

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lequel Dieu «pose l'autre » hors de Lui, donnant lieu à l'existence créée, est un acte de liberté et d'amour.

 

------. L'exitus ‑ ou plus précisément le libre acte créateur de Dieu vise le reditus, ------  le retour librement consenti de la créature qui, acceptant son état d'être créé, répond à l'amour de Dieu. ---------

 

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   Or, si le sacrifice représente le retour de la créature à l'amour du Créateur, il est indispensable que le culte intègre le moment de la guérison de la liberté blessée: moment d'expiation, de purification et de libération de l'aliénation.

 

--------la réconciliation. ---- implique -------- le besoin d'un autre, qui va me libérer du noeud que je ne peux défaire moi-même. La rédemption demande un rédempteur.

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   Les Pères ont reconnu l'expression de ce besoin dans la parabole de la brebis perdue. Cette brebis égarée est pour eux l'image de l'homme qui ne parvient plus par ses propres moyens à retrouver le chemin vers Dieu.

 

Le berger qui porte la brebis pour la ramener à la maison est pour eux le Logos, le Verbe éternel, le Sens éternel de l'univers qui repose dans le Fils de Dieu, lequel se met lui‑même en chemin à notre rencontre.

 

Prenant la brebis sur ses épaules, c'est‑à‑dire adoptant la nature humaine, l'Homme‑Dieu ramène la créature à la maison du Père. Le reditus est à nouveau possible, le chemin du retour à Dieu est retrouvé.

 

---------- Le culte chrétien apparaît comme la réalisation concrète de la parole que Jésus prononça dans le Temple de Jérusalem, le premier jour de la grande semaine, le dimanche des Rameaux: «Et moi, élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi» (Jn 12, 32).

 

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