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---------- Le Christ, conçu de la Vierge Marie par l'Esprit Saint, est le commencement d'une humanité nouvelle, d'une nouvelle manière d'exister. Devenir chrétien signifie être pris dans ce commencement. --------- «Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle... » (2 Co 5, 17)
3. Les traces de Dieu
Dieu n'est pas lié aux pierres, mais il se lie à des hommes vivants. Le oui de Marie lui ouvre l'espace où il peut dresser sa tente. Elle‑même devient sa tente, et ainsi elle est le commencement de l'Église sainte qui préfigure la Jérusalem nouvelle dans laquelle il n'y a plus de Temple puisque Dieu lui‑même habite en elle. ---
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-------- Origène a mis en relief comment le motif du puits marque toute l'histoire vétérotestamentaire des Patriarches 14. Où qu'ils aillent, ils creusaient des puits. --------- Le puits, l'eau jaillissante devient signe du mystère du Christ qui nous offre les eaux de la vie et du côté duquel coulent le sang et l'eau. Le puits devient une proclamation du Christ. A côté se trouve la maison, le lieu de la prière et du recueillement. -----
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----- Bultmann ----Il enlève à Jésus tout ce qui est inhabituel, démesurément grand et même ce qui est divin. Il le fait à partir de l'idée que, en tout lieux, peuvent seulement se passer les mêmes choses, ce qui est vraisemblable, et que le miracle du tout autre est historiquement impossible3. ----il est alors incompréhensible que ce rabbin en soit venu à être crucifié, car un professeur moyen ne subit pas une mort sur la croix. -----------
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------- ce serait incompréhensible que les puissances hostiles, des Juifs comme des Romains, des croyants comme des mécréants, pussent s'allier pour se débarrasser ensemble de ce prophète étrange. C'est qu'il ne rentrait dans aucune des normes proposées et prévues par des hommes et il fallait qu'il soit écarté. ---------
--------- les Psaumes, reflet de la piété d'Israël qui s'inspirait des prophètes, sont profondément marqués par la figure du juste souffrant qui, à cause de Dieu, ne trouve plus de place dans ce monde, qui, en raison de sa foi, se retrouve dans la souffrance. ------ Toutes les voies de sa prédication mènent au mystère de celui qui
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prouve son amour et son message dans la souffrance. ------- l'instauration de l'Eucharistie est une anticipation de la mort, elle est l'accomplissement intentionnel de la mort. Car Jésus se distribue lui‑même, il se distribue comme celui qui est divisé et déchiré dans son corps et dans son sang. ------Jésus transforme la mort en l'acte spirituel de l'acceptation, en l'acte d'amour qui se partage; en l'acte d'adoration qui exprime l'offrande à Dieu et, de par Dieu, aux hommes. ------- sans la mort; les paroles de la Cène ne seraient qu'une monnaie sans provision; sans ces paroles, la mort ne serait qu'une exécution dépourvue d'un sens reconnaissable. ------ la destruction de l'amour que la mort signifie en soi, devient la preuve et la permanence de l'amour. -----
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le récit du lavement des pieds. Dans cette scène, l'évangéliste résume, pour ainsi dire, l'ensemble des paroles, de la vie et de la passion de Jésus. -------il dépose les habits de la gloire et se fait l'esclave -------- C'est le sens de toute sa vie et de toute sa passion: se pencher sur nos pieds sales, sur la saleté de toute l'humanité et nous purifier dans son plus grand amour. Le lavement des pieds, service d'esclave, avait comme but de rendre les personnes, les unes pour les autres, dignes d'être admises à table, de les rendre sociables, de façon qu'on pût se mettre à table ensemble. Jésus‑Christ nous rend, pour ainsi dire, dignes d'être admis à table et sociables, devant Dieu et les uns pour les autres. Nous qui avons toujours du mal à nous supporter les uns les autres, nous qui ne sommes pas « assortis» à Dieu, nous sommes accueillis par lui. Il porte pour ainsi dire l'habit de notre misère, et lorsqu'il nous prend avec lui, il nous rend dignes de Dieu, nous permet l'accès à Dieu. -----Judas: le «non» de la cupidité et de l'avidité, de
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l'arrogance qui ne veut pas admettre Dieu. Il y a ce non qui veut lui‑même créer le monde et qui n'est pas prêt à accepter le cadeau de l'amour de Dieu. "Plutôt devoir que de payer d'une monnaie qui ne porte pas notre effigie!" ainsi le veut notre souveraineté», disait un jour Nietzsche6. Le chameau ne passe pas par le trou de l'aiguille, -------- A côté de ce refus issu de la cupidité et de l'orgueil de l'homme, il y a aussi un danger, représenté par Pierre, qui guette les personnes pieuses: la fausse humilité, habitée par l'orgueil de celui qui n'aime pas être pardonné et préfère être pur par lui‑même; --------- «Ceci est mon corps, ceci est mon sang»: ces termes sont empruntés au langage
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sacrificiel d'Israël dans lequel on désignait les dons que l'on offrait à Dieu au Temple7. En employant ces termes, Jésus se désigne lui‑même comme le sacrifice définitif et réel dans lequel sont accomplies toutes les tentatives vaines de l'Ancien Testament. ---------Dieu ne désire pas des sacrifices d'animaux; tout lui appartient. Et il ne veut pas de sacrifices d'hommes car il a créé l'homme pour la vie. Dieu désire quelque chose de plus grand. Il veut l'amour qui transforme l'homme et qui rend celui‑ci capable de Dieu, capable de s'abandonner à Dieu. -----
----------- “Ceci est mon corps livré pour vous; mon sang versé pour vous et pour la
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multitude». -------- Le peuple ne pouvait plus célébrer des liturgies au Temple, il ne pouvait plus que souffrir en raison de son Dieu. Ses plus grands esprits, les prophètes, ont compris, éclairés par Dieu, que cette souffrance de l'Israël croyant est le véritable sacrifice, le grand et nouveau culte divin avec lequel il se présente devant le Dieu vivant pour intercéder pour les hommes, pour toute la terre. ---------