L’Esprit de la liturgie 26

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QUATRIÈME PARTE

 

LA FORME DE LA LITURGIE

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Chapitre un

 

Le rite

 

 

 

 

   Le mot «rite», aujourd'hui, a souvent une connotation négative, il évoque la rigidité, l'attachement à des formes préétablies. On lui oppose la créativité et le dynamisme de l'acculturation, seul garants, paraît‑il, d'une liturgie véritablement vivante et de l'expression authentique d'une communauté. --------

 

   ----- L'homme, ----- a toujours cherché la manière juste et digne de louer Dieu, c'est‑à‑dire une forme de culte en adéquation avec sa majesté et conforme à sa volonté. À ce propos, relevons que le terme «Orthodoxie» ne signifiait pas à l'origine «doctrine juste», comme on le pense généralement aujourd'hui. En grec, « doxa » a le sens d'opinion, mais aussi de splendeur, d'éclat. Par la suite, dans le vocabulaire chrétien, il deviendra l'équivalent de “clarté véritable», au sens de «gloire de Dieu». Orthodoxie signifie donc: glorifier Dieu en vérité, dans une forme digne de la majesté de Dieu. Sémantiquement, l'orthodoxie est donc une «orthopraxie » intérieure: il s'agit non pas de «théories » sur Dieu mais de la voie juste pour le rencontrer. -------

 

   La foi chrétienne nous a fait don de ce culte «en vérité». Dans la Pâque de Jésus‑Christ, nous participons à son eucharistia ; en Lui, avec Lui et par Lui nous adorons, nous glorifions, nous rendons grâce;

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par sa croix, nous passons de l'incarnation à la résurrection. Le «rite » est la «mise en règles» de cette louange. La liturgie, nous l'avons vu dans la première partie, englobe toute l'existence humaine. Le rite ne se limite donc pas à la liturgie. Il en relève principalement, mais il influence aussi notre façon de concevoir la théologie, la vie spirituelle et les structures juridiques de la vie de l'Église.

 

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--------- La tendance générale est aujourd'hui à la dissolution du rite, qui doit faire place maintenant à la « créativité » des fidèles. ---------

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-------- Rome -------- a progressivement intégré et unifié les différents rites d'occident dans le rite romain. ---------

 

   Il importe aussi qu'en plus de leur rattachement à la Tradition, les grands rites de l'Église embrassent plusieurs civilisations, et créent une communauté de cultures et de langues. -------- En effet, dans le rite, le fidèle découvre un monde qu'il ne produit pas lui‑même; il entre dans une réalité plus grande que lui, sur laquelle il n'a pas de prise puisque, en dernier ressort, son origine est la Révélation. ---------------

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-------- après le concile Vatican II. Que la liturgie soit un don, une réalité non manipulable, tout cela avait alors disparu de la conscience des catholiques en Occident. Or, le concile Vatican I avait défini le pape non pas comme un monarque absolu mais comme le garant de l'obéissance envers la Parole révélée. -------- Nulle autorité ne peut «fabriquer» une liturgie. Le pape lui‑même n'est que l'humble serviteur de son développement homogène, de son intégrité et de la permanence de son identité. ------- mais, faute de retrouver son lien diachronique avec l'Église primitive, comme c'est encore le cas de la liturgie orientale, la liturgie en Occident pourrait bien perdre son identité chrétienne. Une liberté sans frein n'est pas conciliable avec l'essence de la foi et de la liturgie. La grandeur de la liturgie, faut‑il le répéter, tient justement au fait qu'elle échappe à l'arbitraire.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon