La synodalité au cœur des échanges du
Consistoire Résumé de la quatrième session du Consistoire et rapport du
cardinal Grech sur le parcours de mise en œuvre du Synode JUIN 28, 2026
09:41RÉDACTIONCOLLÈGE CARDINALICE, SYNODES WhatsAppMessengerFacebookTwitterPartager
Share this Entry La première partie de la quatrième session du consistoire
s’est ouverte l’après-midi du samedi 17 juin à 16 h 00 dans la salle du Synode.
Après la prière d’ouverture, le cardinal Tobin, modérateur de la session, a
introduit les travaux consacrés au chemin de mise en œuvre du Synode, avant de
donner la parole au cardinal Grech pour son rapport. À l’issue de cette
présentation, plusieurs cardinaux sont intervenus sur le thème. Les échanges
ont fait apparaître un consensus sur la nécessité d’approfondir davantage et de
mettre concrètement en œuvre les dimensions ascétique et historique de la
synodalité. Les participants ont également souligné l’importance d’offrir au
clergé une image du sacerdoce à la fois belle, créative, profondément
évangélique, tout en évitant toute forme de cléricalisme. Les cardinaux ont
également débattu du risque que la complexité des processus de consultation
n’alourdisse la vie de l’Église au moment même où celle-ci est appelée à rendre
un témoignage clair et crédible. Ils ont en outre réfléchi à la manière dont
l’Église hiérarchique et le peuple de Dieu participent, chacun selon son rôle
propre, au discernement de ce que l’Esprit dit aujourd’hui à l’Église. Enfin,
les échanges ont mis en valeur la contribution des communautés catholiques de
rite oriental, ainsi que leur participation au chemin synodal de toute
l’Église, grâce à leur longue expérience de la synodalité. La première partie
de la session s’est achevée à 17 h 00. Le parcours de mise en œuvre du Synode
Vers les Assemblées 2027-2028 S.Em. Rev. le Card. Mario Grech Saint-Père, Chers
frères cardinaux, L’expérience de l’Esprit dans une Église en chemin synodal
C’est avec joie et gratitude que je prends la parole pour partager
quelques réflexions sur ce qui a commencé à se dessiner dans toute l’Église au
cours de ces années de cheminement synodal. Je le fais en gardant à l’esprit la
manière dont ce processus nous a permis à tous de vivre de façon intense
l’écoute des évêques et des communautés ecclésiales qui leur sont
indissolublement unies ; la manière dont la pratique du dialogue dans l’Esprit
s’est répandue et continue d’être largement adoptée ; et la manière dont le
désir de participation s’est accru dans toutes les dimensions de la vie de
l’Église. C’est dans cette perspective que je souhaite indiquer les étapes qui
s’ouvrent désormais devant nous dans ce que notre récent document décrit comme
la phase de mise en œuvre du Synode. Cette intervention n’a cependant pas pour
but de persuader qui que ce soit de la nécessité ou de la fécondité du Synode.
Elle représente plutôt un acte modeste et humble de foi et de discernement, qui
contemple le Synode à travers le don de la crainte de Dieu, accordé par le
Saint-Esprit. Il y a quelques années, lorsque le Synode sur la synodalité a été
lancé, rares étaient ceux qui auraient pu imaginer l’ampleur de la
participation qu’il susciterait. Des millions de personnes, dans les régions
les plus diverses du monde, ont pris part à ce cheminement : évêques, prêtres,
diacres, personnes consacrées, laïcs, jeunes, familles et personnes vivant dans
des situations de souffrance ou de marginalisation. Beaucoup ont pris part pour
la première fois à des moments d’écoute et de discernement ecclésiaux. De
nombreuses communautés ont découvert de nouvelles formes de rencontre, de
dialogue et de coresponsabilité. Naturellement, le processus n’a pas été
uniforme. Les contextes ecclésiaux diffèrent considérablement les uns des
autres. Dans certains lieux, ce cheminement a été accueilli avec enthousiasme ;
dans d’autres, il s’est heurté à des résistances, des difficultés et des
interrogations. Pourtant, au-delà de ces différences, un fait mérite d’être
souligné : le Synode a éveillé, dans toute l’Église, un désir généralisé de
participation, d’écoute mutuelle et de discernement communautaire. Il a mis en
lumière l’aspiration à une Église capable de cheminer ensemble, en valorisant
les dons et les responsabilités de chacun. De nombreux fidèles ont découvert
que l’Église mère, à laquelle ils appartiennent, est aussi une communauté pour
laquelle ils sont appelés à exercer une coresponsabilité selon leur vocation.
De nombreux pasteurs ont redécouvert que l’écoute du Peuple de Dieu n’affaiblit
pas leur ministère, mais qu’elle le soutient et l’enrichit. Le Synode a été une
véritable expérience spirituelle ; en effet, il serait plus juste de la décrire
comme une expérience « dans l’Esprit ». La notion d’expérience dans l’Esprit
nous invite à l’adopter désormais comme clé d’interprétation des processus
ecclésiaux actuellement en cours. L’Esprit de Dieu, l’Esprit qui est Dieu avec
le Père et le Fils, est à l’œuvre parmi nous ; Il réside au cœur de nos
conversations et de nos débats, de nos consultations et de nos discernements.
C’est là qu’Il rend présente la réalité vivante du Seigneur ressuscité et de
son être en tant que Verbe éternel du Père. L’une des caractéristiques les plus
significatives qui ont accompagné l’expérience synodale de ces dernières années
a été le choix de la méthode de la conversation dans l’Esprit. L’effort demandé
à chacun, et je souhaite le souligner : à chacun, pour parvenir à une nouvelle
prise de conscience capable de saisir la différence fondamentale entre la
conversation spirituelle (en tant qu’exercice thématique) et la conversation
dans l’Esprit (c’est-à-dire entrer dans le don de soi et la communication de
soi du Seigneur ressuscité parmi nous par l’œuvre de l’Esprit) est devenu en
soi un témoignage du cri de foi qui habite Ecclesiae in Synodo perficiendo :
nous désirons rencontrer le Seigneur ressuscité ; nous désirons expérimenter et
vivre concrètement notre identité de disciples. Au-delà de la méthode
elle-même, ce qui a frappé tant de participants, c’est la découverte que le
discernement ecclésial ne consiste pas avant tout en un échange d’opinions,
mais en une recherche commune de ce que l’Esprit dit aujourd’hui aux Églises.
La phase de mise en œuvre du Synode : communication et communion Chers
frères cardinaux, réunis ici avec Pierre et autour de lui, si nous
réfléchissons au moment présent, nous pouvons reconnaître que c’est
véritablement un moment propice pour que toute l’Église fasse l’expérience,
tout en respectant la diversité des ministères, de la participation synodale
comme force dynamique de communion, orientée vers le mystère de l’unité et de
l’universalité de l’Église. Nous sommes son Corps ; nous formons un seul corps.
La phase de mise en œuvre est un acte de communication et de communion
ecclésiales qui permet de participer à l’échange de dons entre les Églises, en
offrant sa propre expérience tout en restant ouvert à celle des autres. Le
chemin synodal a éveillé dans toute l’Église un désir spirituel de fraternité
et de partage entre les différentes Églises locales ; il a élargi le sentiment
d’appartenance à l’unique Peuple de Dieu. En d’autres termes, nous sommes
appelés à accompagner un processus de réception ecclésiale. Comme cela s’est
produit tout au long de l’histoire de l’Église à chaque évolution
significative, le Synode nécessite désormais une période d’assimilation, de
discernement et de maturation. Les réflexions les plus fructueuses ne
produisent pas immédiatement tous leurs effets. Elles doivent être accueillies
au sein des cultures, des institutions, des pratiques pastorales et des relations
ecclésiales. Elles doivent être mises à l’épreuve et vérifiées dans la vie
concrète des communautés. L’un des aspects les plus beaux du processus synodal
réside précisément dans la diversité de ceux qu’il a impliqués et qu’il
continue d’impliquer. C’est un cheminement qui engage l’ensemble du Peuple de
Dieu, chacun selon sa vocation, son charisme et sa responsabilité. Cette
participation synodale à l’unité et à l’universalité de l’Église doit donc être
soigneusement conçue et planifiée dans son déroulement progressif et sa mise en
œuvre concrète. Le processus synodal nécessite désormais un cadre de mise en
œuvre, une expérience vivante et participative du lien entre l’Esprit et
l’Église. Pour accompagner cette phase, le Secrétariat général du Synode a
proposé un parcours menant à l’Assemblée ecclésiale prévue pour octobre 2028.
Les étapes décrites dans le document « Vers les Assemblées 2027-2028 » ne
constituent pas une nouvelle consultation mondiale. Il ne nous est pas demandé
de répéter le travail déjà accompli. Parfois, le mot « mise en œuvre » peut
prêter à confusion. On pourrait y voir la simple mise en pratique de décisions
déjà prises, ou un ensemble de tâches à accomplir. Ce n’est pas le sens que
nous entendons lui donner. Nous sommes plutôt invités à récolter les fruits de
l’expérience vécue. Nous sommes appelés à aider les Églises à revisiter ce
qu’elles ont vécu, à reconnaître les fruits qui ont mûri, à identifier les
conversions qui sont encore nécessaires, et à traduire progressivement dans la
vie ordinaire des communautés les perspectives qui ont émergé en cours de
route. Par la suite, les Églises sont invitées à partager ces expériences dans
le cadre du grand échange de dons qui caractérise la vie de l’Église. Cet
aspect mérite une attention particulière. Au cours du Synode, de nombreuses
Églises ont découvert plus profondément la valeur de l’écoute mutuelle au sein
de leurs propres communautés. La phase de mise en œuvre nous invite désormais à
franchir une étape supplémentaire : apprendre à écouter les autres Églises. Les
Assemblées nationales, régionales et continentales ne seront pas avant tout des
réunions de conférences épiscopales, d’organes de coordination ou de structures
ecclésiales. Elles se veulent plutôt, dans la mesure du possible, des lieux de
rencontre entre les Églises elles-mêmes, représentées dans la diversité de
leurs vocations, de leurs ministères et de leurs charismes. La voie proposée
vise précisément à favoriser un dialogue authentique entre les Églises. À
travers les lettres qui seront rédigées au cours des différentes Assemblées,
chaque Église sera invitée à partager son expérience, les fruits qui ont mûri,
les éclairages reçus et les questions qui restent en suspens. Ainsi, un échange
de dons devient possible : un échange qui va au-delà de la simple transmission
d’informations et devient une expérience concrète de communion ecclésiale. Dans
ce processus, le ministère de l’évêque joue un rôle irremplaçable. L’évêque est
le premier responsable du cheminement synodal au sein de l’Église qui lui est
confiée. Il lui incombe de favoriser le discernement, de préserver la
communion, d’encourager la participation et de guider le processus d’accueil. À
ses côtés œuvrent de nombreuses autres personnes et réalités ecclésiales :
équipes synodales, instances participatives, ministres ordonnés, hommes et
femmes consacrés, associations, mouvements, institutions de formation,
familles, jeunes et communautés locales. La phase de mise en œuvre du Synode :
la signification ecclésiologique des différentes étapes Le parcours
proposé s’articule donc autour d’étapes, de critères et d’outils de
préparation. Je ne tenterai pas ici de résumer le parcours lui-même ; c’est là
l’objet du Document. Je voudrais plutôt rendre compte de l’esprit qui sous-tend
le choix des quatre verbes qui marquent ses étapes : faire mémoire,
interpréter, orienter, célébrer. Faire mémoire, c’est-à-dire choisir
d’accompagner toutes les Églises locales dans un échange dynamique entre elles,
qui nourrit la communion et soutient la mission. Cela signifie aider les
Églises à transformer leur expérience vécue en sagesse partagée. Cela
n’implique pas de répéter la phase initiale d’écoute qui a caractérisé la
première étape du Synode. Il s’agit plutôt d’accueillir ce qui a été entendu, en
particulier de la part de ceux qui subissent des formes de marginalisation
ecclésiale, afin de parvenir à une sagesse partagée, à un récit commun qui
choisisse des paroles d’accueil à la lumière de ces mêmes paroles de l’Évangile
qui n’exclue personne. Interpréter représente le moment où les expériences
locales s’inscrivent dans un horizon plus large: celui des regroupements
d’Églises capables d’identifier des dynamiques communes, des convergences et
des tensions, ainsi que des perspectives concernant la vie de l’Église dans son
ensemble sur un territoire donné. Au cours de cette phase, la contribution des
théologiens, des facultés de théologie et des instituts de formation revêt une
importance particulière. C’est là le moment théologique, appelé à réunir l’écoute
de la foi et l’écoute de l’humanité, de l’histoire et des récits humains, en
touchant à la fois leurs profondeurs cachées et leurs blessures. C’est une
théologie fidèle au mystère de l’Incarnation. « Nous avons la pensée du Christ
», affirme saint Paul avec humilité. Nous sommes donc appelés à entrer dans ces
récits accueillants et partagés afin de discerner les questions et les attentes
qui y résident, les espoirs qui les animent et les blessures qui les
affaiblissent. À ce niveau plus profond, on perçoit le lien salvateur entre la
vie de l’Église et l’histoire de tous les hommes et de toutes les femmes.
Orienter : dans le processus de mise en œuvre du Synode, la phase continentale
revêt un rôle distinctif d’orientation, capable d’ouvrir de nouveaux horizons.
C’est dans Ecclesia in Synodo perficiendo que l’Église vit sa vocation
prophétique. Les horizons du discernement s’élargissent. Le discernement des
signes des temps, le dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que
l’engagement en faveur de la justice et de la paix deviennent les critères de
la diakonia de l’Église. Tel est le chemin synodal de la transmission de la
foi. Nous sommes appelés à identifier les priorités, à soutenir les processus
les plus prometteurs, à aborder les questions qui restent en suspens et à
offrir des orientations capables de guider le cheminement futur. Célébrer : le
chemin parcouru est finalement rassemblé dans l’unité, ouvert à de nouveaux
développements et confié au discernement de l’Église tout entière, sous la conduite
du Saint-Père. La célébration ne représente pas une conclusion purement
formelle du processus. Il s’agit plutôt du moment où l’Église rend grâce pour
le chemin parcouru, renouvelle son engagement envers la mission et confie au
Seigneur les étapes qui restent à franchir. Ainsi, l’action eucharistique et la
synodalité sont profondément interreliées. La synodalité trouve à la fois sa
source et son sommet dans la célébration liturgique et, d’une manière
particulière, dans la participation pleine, consciente et active des fidèles à
la Synaxe eucharistique. Par l’action de l’Esprit, nous devenons ce que nous
célébrons. Le mystère de l’épiclèse établit une profonde réciprocité entre la
Synaxe et le Synode. La Synaxe est le Synode. L’Assemblée ecclésiale prévue
pour 2028 devra être précisée davantage à la lumière du cheminement que les
Églises entreprendront dans les années à venir. Dès à présent, il est toutefois
important de préciser qu’elle n’est pas conçue comme une nouvelle Assemblée
synodale. Quel lien l’Esprit tisse-t-il entre notre consistoire et le synode ?
Le Saint-Esprit est le véritable lien entre l’expérience du consistoire
et l’expérience synodale que nous avons tous vécue jusqu’à présent, avec
l’ensemble du Peuple de Dieu. Notre rassemblement au sein du consistoire ne se
détache pas de la spiritualité ecclésiale mûre de la synodalité qui s’est si
largement imposée dans toute l’Église. Nous appartenons à l’unique Corps du
Seigneur, qui est l’Église, et en son sein, nous partageons, à travers l’exercice
synodal de la communion, une proximité particulière avec Pierre et son précieux
ministère universel. Aujourd’hui, nous faisons l’expérience de la présence de
l’Esprit parmi nous comme le lien vivant entre la collégialité et la synodalité
: deux dimensions opérationnelles d’une même communion. Le consistoire est
appelé à être la mémoire vivante de cette communion collégiale que le Maître a
confiée à ses premiers disciples en tant que mode relationnel de gouvernement,
et qu’il a confiée à la responsabilité, à la primauté et à la foi de Pierre,
signe et gardien de l’unité de toute l’Église. Aux côtés des assemblées
synodales, qui sont elles-mêmes une mémoire vivante de cette communion
fraternelle et théologique qui donne vie à chaque Église locale et lui permet,
de manière sacramentelle, de participer au don du salut, le consistoire est
désormais appelé à exercer un ministère de discernement et de témoignage.
Ainsi, nous sommes tous héritiers et fidèles interprètes de l’ecclésiologie du
Concile Vatican II : cette ecclésiologie du Peuple de Dieu et de la communion
qui trouve dans la hierarchica communio à la fois sa structure et sa force
vitale. Aujourd’hui, le consistoire s’inscrit dans ce processus synodal qui
imprègne toute l’Église, une Église en chemin synodal. Notre collégialité, tout
autant que la synodalité, est un espace hospitalier capable d’accueillir à
nouveau la présence du Seigneur dans l’Esprit. La synodalité sans le ministère
des pasteurs risquerait de perdre son ancrage ecclésial. La collégialité sans
l’écoute du Peuple de Dieu risquerait de ne pas tirer pleinement parti de la
richesse des dons que l’Esprit distribue dans toute l’Église. Nous avons
confiance que le Saint-Esprit continue de guider l’Église Chers frères
cardinaux, dans ce contexte de fraternité et de collégialité, en présence de
Pierre, je souhaite m’adresser directement à vous. Le chemin que nous avons
décrit ne concerne pas seulement le Secrétariat général du Synode, les équipes
synodales ou ceux qui sont plus directement impliqués dans l’organisation du
processus. Il concerne l’Église tout entière et, d’une manière particulière, le
ministère que chacun de nous exerce. Beaucoup d’entre vous sont à la tête
d’Églises locales appelées à vivre cette phase de mise en œuvre. D’autres
servent l’Église universelle à travers les Dicastères de la Curie romaine. Nous
partageons tous la responsabilité de sauvegarder la communion ecclésiale et de
faire avancer la mission de l’Église. C’est pourquoi la contribution du Collège
des cardinaux sera particulièrement importante dans les années à venir. Le
cheminement synodal requiert notre soutien, notre discernement et notre
proximité avec les Églises. Nous sommes appelés à encourager les processus
d’accueil, à aider à surmonter les malentendus et les craintes, et à favoriser
un climat de confiance et de communion. La phase de mise en œuvre exige une
sagesse partagée. Car l’horizon ultime reste la mission. La synodalité n’est
pas une fin en soi. Elle existe pour que l’Église puisse proclamer l’Évangile
plus efficacement et servir plus fidèlement les hommes et les femmes de notre
temps. Nous vivons dans un monde marqué par de profondes transformations. Les
guerres et la violence continuent de meurtrir des peuples entiers. Les
inégalités sociales s’accentuent. Les migrations redessinent le visage de nos
sociétés. Les nouvelles technologies modifient notre façon de communiquer,
d’apprendre et même de nous comprendre nous-mêmes. Beaucoup de personnes sont
en quête de sens, d’espérance et de relations authentiques. Beaucoup se
tournent vers l’Église pour y trouver un témoignage crédible de l’Évangile.
Face à ces défis, la synodalité apparaît de plus en plus clairement comme une
ressource missionnaire. Elle aide l’Église à écouter plus attentivement les questions
de l’humanité, à reconnaître les signes des temps, à valoriser les dons de
chacun et à discerner ensemble les mesures à prendre. Ainsi, la phase de mise
en œuvre devient une nouvelle étape dans l’assimilation du Concile Vatican II
et dans le renouveau missionnaire de l’Église au sein des réalités concrètes de
la vie ecclésiale. Telle est la responsabilité que le Saint-Père, le pape Léon
XIV, nous encourage à assumer ensemble : non seulement préserver l’héritage que
nous avons reçu, mais le faire porter ses fruits dans la vie des Églises et
dans la mission confiée à l’Église à notre époque. Permettez-moi une dernière
réflexion. À une époque marquée par la tragédie d’une géopolitique qui s’est
habituée, et même presque résignée, à la guerre et à la domination économique,
Ecclesia in Synodo perficiendo peut devenir, pour l’histoire de la famille
humaine, un signe des temps : un témoignage d’un style de gouvernance et de
participation façonné par la vertu évangélique de la douceur. Comme l’affirme
le pape Léon dans Magnifica humanitas, dans l’effort de la société pour
reconstruire la Nouvelle Jérusalem, « les chrétiens trouvent leur propre
manière de construire : orienter l’action vers Dieu afin que, à sa lumière, le
pluralisme ne se disperse pas dans le désordre, mais devienne, dans l’exercice
de la synodalité, l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa
fin ultime » (n. 10). La béatitude de la douceur est l’âme spirituelle du
chemin synodal.
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