"NOUS NE SOMMES PAS SCHISMATIQUES PARCE QUE NOUS RECONNAISSONS QUE LE PAPE LÉON XIV EST BEL ET BIEN LE CHEF DE L'ÉGLISE"

"NOUS NE SOMMES PAS SCHISMATIQUES PARCE QUE NOUS RECONNAISSONS QUE LE PAPE LÉON XIV EST BEL ET BIEN LE CHEF DE L'ÉGLISE"

Extraits du Sermon de la première messe pontificale de Mgr Michel de Sivry

"Nous sommes dans l’action de grâces après ces sacres épiscopaux qui ne sont rien d’autre qu’un acte de fidélité envers la Sainte Église catholique et la Tradition catholique. J’ai une pensée particulière pour notre cher fondateur, Son Excellence Monseigneur Lefebvre, dont le courage, la prudence et la foi sont désormais pour nous un modèle.

Je remercie mes chers confrères de leur présence et de leur amitié sacerdotale. Certains sont venus de loin pour assister à cette première messe. Je voudrais remercier nos frères, nos sœurs et vous, mes bien chers frères, pour cet élan de foi et de charité qui nous a accompagnés jusqu’aux sacres.

Sachez-le, toutes ces prières, ces sacrifices, nous ont beaucoup portés et nous donnent beaucoup d'enthousiasme pour aborder ce ministère épiscopal. Nous sommes dans la joie de répondre à votre demande de recevoir les sacrements tels que l'Église les a toujours donnés.

Nous continuons donc ce que le pape saint Pie X a tracé pour la Sainte Église au début du XXe siècle : Omnia instaurare in Christo, « Tout restaurer dans le Christ ». Voilà notre mission particulière, providentielle, que nous devons continuer."

"Mes bien chers frères, ces sacres épiscopaux ne sont en rien un acte “de nature” ou un acte proprement dit « schismatique ». Ces sacres sont tout sauf « schismatiques ». Les nouveaux évêques de la FSSPX n'ont aucune juridiction territoriale.

Nous ne sommes pas schismatiques parce que nous reconnaissons que le pape Léon XIV est bel et bien le chef visible de l'Église. Et nous prions chaque jour à son intention, et nous continuerons de prier à son intention, chaque jour au moment du Saint-Sacrifice de la Messe.

Nous ne sommes pas schismatiques parce que nous croyons de tout notre cœur toutes les vérités que l'Église a enseignées, toutes les vérités que notre Seigneur Jésus-Christ nous a transmises. Et nous sommes prêts à les signer de notre sang.

Nous ne sommes pas schismatiques parce que nous acceptons, nous professons, nous recevons les sept sacrements que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a donnés pour nous sanctifier, pour aller au Ciel.

Mes bien chers frères, vous le savez, nous devons tous aller au Ciel. C'est notre but, ici-bas. Tout notre être, notre âme, notre corps, tout nous appelle au Ciel. Nous sommes faits pour le Ciel. C'est un devoir. C'est un devoir pour chacun d'entre nous de travailler chaque jour à notre sanctification, à notre sainteté. C'est un devoir !

Mais si nous avons ce devoir, nous avons également des droits : le droit de recevoir les moyens adéquats pour pouvoir atteindre notre fin. Ces moyens sont la foi, les sacrements et la discipline, la loi de l'Église. Ce sont des moyens ordinaires, suffisants, grâce auxquels nous pouvons nous sanctifier, devenir des saints.

Et ces moyens ont été utilisés par deux mille ans de Tradition, par les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges. Eh bien, nous voulons les garder. Nous voulons garder cette foi des apôtres. Nous voulons garder ces mêmes sacrements. Nous voulons garder cette même discipline."

"Bien sûr, malheureusement, nous avons été excommuniés, comme vous le savez, par un décret du 2 juillet dernier. Mais, en réalité, mes bien chers frères, ce ne sont pas des personnes qui ont été excommuniées, c'est la Tradition catholique qui a été excommuniée, c'est ce que nous enseignons qui a été excommunié. Nous avons été excommuniés par des hommes d'Église dont les idées auraient été condamnées — et ont été condamnées — par deux mille ans de Tradition.

D’ailleurs, cette excommunication n'est pas fondée en droit. On ne peut pas faire fi du droit. Le Code de droit canonique de 1983 prévoit, dans son canon 1323 § 4, qu'une personne, dans la mesure où elle agit poussée par la nécessité, ne peut pas encourir de sanction canonique. Et ce canon ajoute que si cet état de nécessité n'existe pas objectivement, mais que la personne qui a agi croyait réellement être en état de nécessité, les sanctions ne peuvent pas être portées.

Or nous, mes bien chers frères, comme nous l'avons dit, c'est l'état de nécessité qui nous pousse aux sacres. C'est pour le salut de nos âmes. C'est pour le salut de vos âmes. Parce que vous voulez recevoir, et c'est légitime, c'est votre droit, tout ce que vos pères ont reçu, tout ce que les apôtres ont reçu, tout ce que les confesseurs, les vierges ont reçu, vous voulez le recevoir. Et vous en avez le droit. Vous en avez parfaitement le droit.

Alors évidemment, cette sanction nous blesse profondément parce que nous sommes catholiques, parce que nous sommes attachés au Saint-Père, parce que nous sommes attachés aux évêques, parce que nous sommes attachés aux prêtres. Nous sommes touchés dans notre cœur d'enfants par ces sanctions. Mais nous les portons. Nous les portons comme une croix pour la Sainte Église catholique.

Mes chers frères, il ne faut surtout pas avoir d'amertume. Gardez au contraire cette profonde charité dans votre cœur, et surtout restez dans la paix. Il faut que nous restions dans la paix. Nous sommes dans notre droit. Nous sommes obligés d'accomplir un acte grave, extraordinaire, parce que nous y sommes contraints. Nous n'avons pas le choix."

"Pour conclure, écoutons ce que nous dit saint Pierre dans sa deuxième épître : « Que ceux qui vous calomnient, que les païens, en voyant vos bonnes œuvres, finissent par glorifier Dieu qui est dans les Cieux. »

La meilleure réponse que nous devons apporter face à ce contexte difficile, face à cette déflagration qu'ont été les sanctions, sera de répondre par la sainteté de notre vie en imitant la bienheureuse Vierge Marie. La sainteté de notre vie sera le meilleur témoignage de la vitalité, de la véracité de la Tradition catholique. Et nous pourrons ainsi, lorsque le Saint-Père décidera de tout restaurer dans le Christ, lui déposer humblement cette Tradition que nous avons voulu garder.

Parce que cette Tradition, c'est le remède, c'est la réponse aux maux modernes. Eh bien, nous conservons cela pour le Saint-Père. Nous conservons cela pour la Sainte Église catholique. Conservons-le dans notre cœur afin qu'un jour, nous fassions partie de cette phalange des confesseurs et peut-être des martyrs. Demandons cette grâce à la bienheureuse Vierge Marie Immaculée et à notre cher fondateur, Monseigneur Lefebvre. Ainsi soit-il."

Source : FSSPX

Église Saint-Joseph

 

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