Un groupe sédévacantiste veut réunir un « concile » pour élire un (anti)pape
Par Michel Pagiossi Silva
Alors que l'attention de l'Église est actuellement tournée vers les récentes consécrations épiscopales illicites de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), un mouvement encore plus radical semble gagner du terrain au sein de certains milieux sédévacantistes.
Selon un rapport publié par ZENIT, un groupe se présentant sous le nom de « Unam Sanctam » appelle à la convocation d'un prétendu « Concile général imparfait », dont l'objectif serait de déclarer le Siège de Pierre vacant avant de procéder à l'élection d'un nouveau « pape ».
L'initiative est menée par le Canadien Pierre Roy, ancien prêtre de la FSSPX, qui a quitté la Fraternité en estimant qu'elle était devenue « trop proche de Rome ». En 2024, il a été consacré évêque par Rodrigo Ribeiro da Silva, appartenant à une lignée épiscopale qui n'est pas reconnue par l'Église catholique.
L'un des aspects les plus préoccupants de ce projet est que ses promoteurs entendent réunir des personnes se présentant comme évêques, alors même que la légitimité, voire la validité, de leurs consécrations est fortement contestée. Selon leur propre projet, le futur « pape » aurait ensuite le pouvoir de déterminer lesquels de ces évêques seraient réellement valides.
Autrement dit, les participants entendraient se reconnaître mutuellement une légitimité qu'aucune autorité ecclésiale ne leur reconnaît.
Le rapport indique également que plusieurs groupes traditionalistes déjà engagés dans le sédévacantisme ont rejoint cette initiative et que de nouvelles « consécrations épiscopales » seraient prévues dans les prochaines semaines.
Cette situation est profondément préoccupante.
Le véritable souci de préserver la Tradition ne peut jamais conduire à rompre la communion avec l'Église. L'histoire montre que chaque rupture avec le Siège de Pierre finit par engendrer de nouvelles divisions, puis la naissance de nouvelles « Églises » indépendantes.
Il ne peut y avoir de Tradition authentique sans unité.
Comme le rappelait saint Cyprien de Carthage :
« Nul ne peut avoir Dieu pour Père s'il n'a pas l'Église pour Mère. »
