soeur Faustine 188

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le livre?

 

    (26) 10.III. 1938. Des souffrances physiques continuelles. Je suis sur la croix avec Jésus. Une fois la mère supérieure m'a dit: «Ma sœur, c'est chez vous un manque d'amour du prochain, vous mangez quelque chose, puis vous souffrez et vous dérangez les autres pendant le repos de la nuit.» Cependant, je sais que ces douleurs dans mes entrailles ne sont pas du tout provoquées par ce que j'ai mangé, le médecin a constaté la même chose, mais ce sont des souffrances qui viennent de l'organisme ou plutôt de la volonté de Dieu. Cependant, après cette remarque, j'ai pris la résolution de davantage souffrir en cachette et de ne plus demander d'aide, car de toute façon elle n'a aucun résultat, car je rends avec des vomissements les médicaments que l'on me donne, et j'ai réussi à surmonter quelques attaques dont seul Jésus est au courant. Ces souffrances sont si violentes et si fortes qu'elles me font perdre connaissance. Lorsque je m'évanouis sous leur pression, et qu'une sueur froide m'inonde, alors elles commencent peu à peu à se relâcher. Elles durent parfois (27) jusqu'à trois heures ou plus encore. O mon Jésus, que Ta sainte volonté soit faite, j'accepte tout de Ta main. Si j'accepte les ravissements et les transports de

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P546        PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

l'amour jusqu'à l'oubli de ce qui se passe autour de moi, il est juste que j'accepte aussi avec amour ces souffrances qui me font perdre ma lucidité.

    Quand le médecin est venu, je ne pouvais pas descendre le voir au parloir comme les autres sœurs, mais j'ai demandé qu'il vienne chez moi, car pour une certaine raison je ne pouvais descendre; au bout d'un moment, le médecin est venu dans ma cellule, et après m'avoir examinée, il dit: «Je dirai tout à la sœur infirmière.» Quand la sœur infirmière est venue après le départ du médecin, je lui ai dit la raison pour laquelle je ne pouvais descendre au parloir; cependant elle se montra fort mécontente. Et quand je lui ai demandé: Ma sœur, qu'est-ce que le médecin a dit de ces douleurs - elle m'a répondu qu'il n'avait rien dit, que ce n'était rien; (28) il a dit que la malade faisait des caprices, et elle s'en est allée. Alors j'ai dit à Dieu: Christ, donne-moi force et vigueur pour souffrir, donne à mon cœur un amour sincère envers cette sœur. Après cela, elle ne vint plus du tout me voir de toute une semaine. Cependant ces souffrances revinrent avec une grande violence et durèrent pendant presque toute la nuit, il me semblait que c'était la fin. Les supérieures décidèrent d'aller chez un autre médecin, et celui-ci constata que l'état était grave, il me dit: «On ne peut plus redonner une nouvelle santé. On peut encore remédier, çà et là, mais il n'est pas question de recouvrer la santé» - il a prescrit un remède pour ces douleurs et depuis les plus fortes attaques ont disparu. «Et si vous venez ici, ma sœur - nous tâcherons alors de rapiécer cette santé si cela est encore possible.» Il souhaitait vivement que j'aille là-bas pour une cure435. O mon Jésus, comme Tes décrets sont étranges.

   Jésus m'ordonne d'écrire tout ceci (29) pour la consolation des autres âmes qui seront parfois exposées à de semblables souffrances.

   Bien que je me sente très faible, je suis allée chez ce médecin436, car telle était la volonté des supérieures. La sœur désignée pour m'accompagner partait bien mécontente. Elle me l'a montré plusieurs fois, enfin, elle m'a dit: «Que va-t-il se passer, j'ai trop peu d'argent pour le fiacre.» Je n'ai rien répondu. «Et peut-être qu'il n'y aura pas de fiacre? Comment ferons-nous un tel chemin?» Elle disait cela et

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 P547                               Sixième Cahier

 

beaucoup d'autres choses seulement pour m'inquiéter, car les chères supérieures avaient donné assez d'argent pour tout: il n'en manquait pas. Ayant compris intérieurement toute cette affaire, j'ai ri et j'ai dit à la sœur, que j'étais tout à fait tranquille, ayons confiance en Dieu. Mais j'ai vu que mon profond calme l'irritait. Alors j'ai commencé à prier à son intention. - O mon Seigneur, j'accepte tout (30) pour Toi, afin d'obtenir la miséricorde pour les pauvres pécheurs. A mon retour, j'étais si fatiguée, que j'ai dû me coucher tout de suite; mais c'était le jour de la confession trimestrielle, j'ai tâché d'y aller, car j'avais besoin non seulement de la confession, mais aussi des conseils du directeur de mon âme437. J'ai commencé à me préparer, mais je me sentais si faible, que j'ai résolu de demander à la mère supérieure la permission de passer avant les novices car je me sens faible. La mère supérieure me répondit: «Allez chercher la sœur maîtresse, si elle vous permet de passer avant les novices438 - c'est d'accord.» Cependant, il n'y avait plus que trois sœurs pour la confession, j'ai donc attendu, car je n'avais pas la force d'aller chercher la sœur maîtresse439. Lorsque vint mon tour, je me sentais si mal que je ne pus rendre compte de l'état de mon âme, à peine ai-je pu me confesser. Ici j'ai compris combien on a besoin de (31) l'esprit440; la lettre seule ne fait pas croître l'amour.

   Ce jour-là, il y avait quelques malentendus entre la supérieure et moi. La faute n'était ni de son côté ni du mien; mais la souffrance morale est restée, je ne pouvais pas mettre les choses au point, car c'était un secret; c'est pour cela que je souffrais, bien que j'eusse pu d'un seul mot prouver la vérité.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon