Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?
(54) + Oh! qu'ils sont beaux les hymnes que chante une âme souffrante. Le ciel en son ensemble est enchanté par une telle âme - surtout quand elle est éprouvée par Dieu. Elle se répand en languissantes élégies79. Sa beauté est grande, car elle vient de Dieu. Cette âme passe par le désert de la vie, blessée par l'amour divin. Elle ne touche la terre que d'un seul pied.
+ Quand l'âme est sortie de ces tourments, elle est profondément humble. Sa pureté est grande. Sans réfléchir, elle sent mieux ce qu'elle doit faire à tel moment et ce à quoi il lui faut renoncer. Elle ressent la plus légère touche de la grâce et elle est très fidèle à Dieu. Elle reconnaît Dieu de loin, et se réjouit continuellement de Dieu. Elle découvre très rapidement Dieu dans les âmes des autres et en général dans son entourage. Elle est purifiée par Dieu seul. Dieu, étant pur Esprit, introduit l'âme dans une vie purement spirituelle. Dieu seul l'a tout d'abord préparée et purifiée, c'est-à-dire qu'il l'a rendue capable d'une étroite intimité avec Lui. D'une manière toute spirituelle, elle demeure avec le Seigneur et se repose dans l'amour. Elle parle à Dieu sans s'exprimer avec les sens. Dieu remplit l'âme de Sa lumière. Sa raison éclairée voit clairement et distingue les degrés de la vie spirituelle. Elle voit les moments où elle était unie à Dieu de façon imparfaite, où ses sens prenaient part à cette union, et le spirituel se trouvait mêlé au sensitif d'une manière déjà supérieure et particulière, mais imparfaite. Il existe une union à Dieu plus haute et plus parfaite, c'est
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l'union intellectuelle. L'âme y est davantage à l'abri des illusions, sa spiritualité est plus profonde et plus pure. Dans la vie, où les sens jouent un rôle, on est plus exposé aux illusions. La prudence de l'âme elle-même, et des confesseurs, devrait être plus grande. Il y a des moments où Dieu introduit l'âme dans un état purement spirituel. Les sens s'éteignent et sont comme morts. L'âme est unie à Dieu de la façon la plus étroite, elle est plongée dans la Divinité, sa connaissance est complète et parfaite, non plus partielle, comme auparavant, mais totale et entière. Elle s'en réjouit, mais je veux encore parler des moments d'épreuves. Il faut alors que les confesseurs soient patients envers l'âme. Mais la plus grande patience que l'âme doit avoir c'est avec elle-même.
(55) Mon Jésus, Tu sais ce que ressent mon âme au souvenir de ces souffrances. Plus d'une fois, je m'étonnais que les anges et les saints puissent se taire devant de telles souffrances de l'âme. Mais ils nous aiment particulièrement dans ces moments-là. A maintes reprises, mon âme a crié après Dieu, comme un petit enfant, quand sa mère se voile le visage et qu'il ne peut la reconnaître, il crie alors de toutes ses forces. Ô mon Jésus, honneur et gloire Te soient rendus pour ces épreuves d'amour. Ta miséricorde est grande et inconcevable. Toutes Tes intentions envers mon âme sont imprégnées de Ta miséricorde.
Je noterai ici que l'entourage ne devrait pas ajouter aux souffrances extérieures, car vraiment, lorsque le calice de l'âme est plein jusqu'au bord, c'est parfois justement cette petite goutte que nous ajoutons dans son calice qui sera de trop, et la coupe d'amertume débordera. Et qui répondra d'une telle âme? Prenons garde de ne pas ajouter aux souffrances des autres, car cela ne plaît pas au Seigneur. Si les sœurs ou les supérieures savaient ou soupçonnaient seulement qu'une âme est soumise à de telles épreuves et malgré cela lui ajoutaient des souffrances supplémentaires, elles pécheraient mortellement et Dieu Lui-même réclamerait cette âme. Je ne parle pas des cas qui de par leur nature sont péché, mais je parle d'une chose qui dans un autre cas ne serait pas péché. Gardons-nous d'avoir de telles âmes sur la conscience. C'est un grand défaut dans la vie religieuse et fréquent, que quand on voit une âme souffrante, l'on veuille toujours lui en ajouter encore
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plus. Je ne parle pas pour tous, mais cela arrive. Nous nous permettons d'émettre des jugements de toutes sortes et nous parlons là où nous ne devrions pas parfois le répéter.