Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?
Je me surprends à parler du silence et ce n'est pas de cela que je voulais parler, mais de la vie de l'âme avec Dieu et comment elle répond à la grâce. Quand l'âme a été purifiée, que le Seigneur a établi avec elle une relation d'intimité, elle commence à tendre vers Dieu de toute sa force. Mais elle ne peut rien par elle-même. Dieu seul fait tout, l'âme le sait et elle en a conscience. Elle vit encore en exil et elle sait bien qu'il peut y avoir encore des jours gris et pluvieux, mais elle le voit d'une autre manière qu'auparavant. Loin de s'endormir dans une fausse paix, elle tend au combat. Elle sait qu'elle appartient à une génération chevaleresque. Maintenant elle se rend mieux compte de tout. Elle sait qu'elle est de race royale et que tout ce qui la concerne est grand et saint.
(57) + Dieu accorde à l'âme de nombreuses grâces après cette épreuve du feu. Elle se réjouit d'une étroite union avec Dieu. Elle a un grand nombre de visions sensibles et spirituelles, elle entend un grand nombre de paroles surnaturelles, et parfois des ordres précis; mais malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. D'autant moins que, comme Dieu la visite de Ses grâces, elle s'expose à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l'illusion. Elle devrait prier Dieu pour avoir un guide spirituel, mais non pas seulement prier pour avoir un guide, mais il faut faire des efforts et chercher un guide qui s'y connaisse, tel un chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il doit mener ses troupes au combat. Il faut préparer l'âme unie à Dieu à soutenir de grandes batailles, des combats acharnés.
+ Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l'âme d'une façon particulière, mais l'âme ne collabore pas toujours avec ces grâces. Non qu'elle se refuse d'elle-même à œuvrer, mais elle rencontre de si grandes difficultés extérieures et intérieures que vraiment il faut un miracle pour qu'elle se maintienne sur ces hauteurs. Ici elle a absolument besoin d'un directeur. Souvent, on emplissait mon âme de doutes, quand ce n'était pas moi qui m'alarmais moi-même, en me disant qu'après tout je n'étais qu'une ignorante, qui connaissait si peu, et en particulier dans les choses spirituelles. Cependant, quand
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P86 PETIT JOURNAL de Sœur Faustine
ces doutes augmentaient, j'allais chercher de la lumière auprès de mon confesseur ou des supérieures. Mais je n'obtenais pas ce que j'aurais désiré.
Quand j'ai dévoilé mon âme aux supérieures, l'une d'elles80 connut mon âme et le chemin par lequel Dieu voulait me conduire. En mettant en pratique ses indications, j'ai commencé à progresser rapidement sur la voie de la perfection. Mais cela n'a pas duré longtemps. Quand je lui ai dévoilé mon âme plus à fond, je n'ai pas reçu ce que je désirais et ces grâces semblaient invraisemblables à la supérieure, je ne pouvais donc plus trouver aucune aide auprès d'elle. Elle me disait qu'il est impossible que Dieu ait de tels rapports avec une créature. «J'ai peur pour vous, ma sœur, n'est-ce pas une illusion (58). Consultez un prêtre.» Mais le confesseur, lui non plus ne m'a pas comprise, il me dit: «Il vaudrait mieux, ma sœur, parler de ces choses avec vos supérieures.» Et je passais ainsi des supérieures au confesseur et du confesseur aux supérieures, sans trouver d'apaisement. Les grâces divines devinrent pour moi une grande souffrance. Parfois, il m'arriva de dire carrément au Seigneur: Jésus, j'ai peur de Toi, n'es-Tu pas quelque fantôme? Jésus me tranquillisait toujours, mais je restais incrédule. Chose étonnante, plus j'étais incrédule, plus Jésus me donnait de preuves qu'il était l'auteur de ces choses.
+ Quand je me rendis compte que je ne recevais aucun apaisement de la part des supérieures, je pris la résolution de ne plus leur parler de ces choses purement intérieures. A l'extérieur je tâchais, comme doit le faire une bonne religieuse, de tout dire aux supérieures, mais je ne parlais qu'au confessionnal des besoins de mon âme. Je reconnus pour maintes raisons très justes, que la femme n'a pas été appelée à discerner de tels mystères. Je m'étais exposée à beaucoup de souffrances inutiles. Pendant longtemps, je fus considérée comme une possédée par le mauvais esprit et on me regardait avec pitié, et la supérieure prit certaines précautions à mon égard. Il m'arrivait d'entendre que les sœurs aussi me considéraient comme telle. Et l'horizon s'assombrit autour de moi. Je commençais à éviter ces grâces divines, mais ce n'était pas en mon pouvoir. Soudain, un tel recueillement s'emparait de moi que, contre ma volonté, je me plongeais en Dieu et le Seigneur me gardait auprès de Lui.