soeur Faustine 35

   Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)   Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   Mais les supérieures sont toujours des supérieures. Et en dépit des humiliations personnelles que j'en reçus et des doutes de toutes sortes dont elles me remplirent parfois, elles me permettaient toujours ce que le Seigneur exigeait de moi, non comme je le demandais, mais d'une autre façon, elles satisfaisaient les exigences du Seigneur, et me donnaient la permission de ces pénitences et de ces rigueurs.

      Un jour, une des mères se fâcha si fort contre moi, et m'humilia tellement que je crus que je ne pourrais pas le supporter. Elle me dit: «Extravagante, hystérique, visionnaire, allez-vous-en de cette chambre, que je ne vous voie plus.» Se déversait sur ma tête tout ce qui était possible. Arrivée dans ma cellule, je suis tombée face contre terre devant la croix et je regardais Jésus, ne pouvant plus prononcer un mot. Pourtant, je gardai ceci secret devant les autres et je fis comme si rien ne s'était passé entre nous. Satan profite toujours de tels moments, des pensées de découragement commencèrent à me venir à l'esprit: Voilà la récompense de ta fidélité et de ta sincérité. Comment peut-on être sincère lorsqu'on est si incomprise. Jésus, Jésus, je n'en puis plus.

===============================

P89                         Premier Cahier

 

   Et je tombai de nouveau à terre sous le poids de ce fardeau et la sueur commença à m'inonder, et je fus saisie de frayeur. Je n'avais personne sur qui m'appuyer intérieurement. Tout à coup, j'entendis une voix dans mon âme: N'aie pas peur, je suis avec toi - et une étrange lumière éclaira mon esprit et je compris que je ne devais pas me laisser aller à une telle tristesse, une force me remplit et je sortis de la cellule avec un nouveau courage pour souffrir.

   (61) Cependant j'ai commencé à me laisser aller un peu83. Je ne prêtais plus attention à ces inspirations intérieures et m'appliquais à me dissiper. Mais, malgré le bruit et la dissipation, je voyais ce qui se passait en mon âme. La parole de Dieu est éloquente et rien ne peut l'assourdir. J'ai commencé à éviter les rencontres du Seigneur dans mon âme, car je ne voulais pas être victime d'illusions. Mais le Seigneur me poursuivait en quelque sorte de Ses dons et vraiment je ressentais tour à tour tourments et joie. Je ne mentionne pas ici les diverses visions et grâces que Dieu m'accorda dans ces moments, car je l'ai noté ailleurs84, mais je rappellerai que ces diverses souffrances ont déjà atteint le sommet, et je pris la résolution d'en finir avec ces doutes avant mes vœux perpétuels. Pendant tout ce temps de probation, je priais demandant la lumière pour le prêtre auquel je devais me dévoiler - toute mon âme en profondeur. Je demandais à Dieu de m'aider Lui-même et de me donner la grâce de pouvoir exprimer les choses les plus cachées qui ont lieu entre le Seigneur et moi, et de me disposer à accepter toutes les décisions de ce prêtre comme venant de Jésus seul. Peu importe son jugement, je ne désire que la vérité, et une réponse catégorique à certaines questions. Je m'en remets complètement à Dieu et mon âme désire la vérité. Je ne puis vivre plus longtemps dans le doute, tout en ayant dans mon âme une si grande certitude que ces choses proviennent de Dieu, que je donnerais ma vie pour cela, mais j'ai cependant placé l'avis du confesseur au-dessus de tout et j'ai décidé d'agir comme il le décidera et selon ses indications. Je regarde ce moment comme étant décisif pour le progrès de toute ma vie. Je sais que de cela dépendra tout. Peu importe, si ce qu'il me dira, sera en accord avec mes inspirations, ou tout à fait contraire, cela ne m'intéresse pas. Je désire connaître la vérité et la suivre.

 ===============================

P90        PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

      Jésus, Tu peux m'aider. Et depuis ce moment j'ai commencé.-Gardant secrètes toutes les grâces reçues, j'attends ce que le Seigneur m'enverra. Ne doutant de rien, dans mon cœur, je priais le Seigneur qu'il daigne m'aider Lui-même dans ces moments, et un certain courage entra dans mon âme.

      (62) Je dois encore mentionner que certains confesseurs aident l'âme et sont comme il pourrait sembler des pères spirituels mais tant que tout va bien; mais quand l'âme se trouve dans de plus grands besoins, alors ils sont perplexes et ne peuvent ou ne veulent pas comprendre l'âme. Ils tâchent de se débarrasser d'elle au plus vite, mais si l'âme est humble, elle peut en retirer au moins un peu de profit. Dieu Lui-même jettera parfois un faisceau de lumière au fond de cette âme, à cause de son humilité et de sa foi. Quelquefois, le confesseur dit des choses qu'il n'avait pas du tout l'intention de dire, sans s'en rendre compte lui-même. Oh! que l'âme croie que ce sont les paroles du Seigneur Lui-même; même si nous devons croire que chaque mot entendu dans le confessionnal est divin, mais les paroles dont je viens de parler proviennent, elles, directement de Dieu. Et l'âme sent que le prêtre ne parle pas de lui-même, il dit des choses qu'il n'avait pas l'intention de dire. Voilà comment Dieu récompense la foi. J'ai éprouvé cela moi-même à maintes reprises. Un prêtre très savant et fort estimé-il m'arrivait parfois d'aller me confesser à lui - était toujours très sévère et il s'opposait à ces choses, mais une fois, il me répondit: «Sache, ma sœur, que si Dieu exige que tu achèves ceci, il ne faut pas t'y opposer. Dieu veut parfois être loué justement de cette façon. Sois tranquille, ce que Dieu a commencé, Dieu le finira, mais je te le dis: fidélité envers Dieu et humilité, une fois encore, humilité. Rappelle-toi bien ce que je t'ai dit aujourd'hui.» Je me suis réjouie et j'ai pensé que peut-être ce prêtre m'avait comprise. Mais les circonstances changèrent de telle sorte que je ne me suis plus jamais confessée à lui.

      + A un certain moment une des mères plus âgées m'appela et ce fut sur ma tête comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, à tel point que je ne savais pas ce dont il s'agissait. Je compris assez vite que c'était pour des choses qui ne dépendaient pas de moi. Elle me dit: «Otez-vous de la tête, ma sœur, que Jésus soit si intime avec vous,

================================

P91                   Premier Cahier


avec une telle misère, une telle imperfection. Le Seigneur Jésus n'est en rapport intime qu'avec les âmes saintes, rappelez-vous en.» J'ai reconnu qu'elle avait raison, car je suis misérable, mais néanmoins confiante en la miséricorde divine. Quand j'ai rencontré le Seigneur, je me suis humiliée et j'ai dit: Jésus, Tu n'es pas, à ce qu'il paraît, en relation avec des misérables comme moi? - Sois tranquille, ma fille, c'est justement par une telle misère, que je veux montrer la puissance de ma miséricorde. J'ai compris que cette mère voulait seulement m'humilier.

   (63) + Ô mon Jésus, Tu m'as bien éprouvée pendant cette courte vie, j'ai compris beaucoup de choses, tellement même que cela m'étonne maintenant. Oh! comme il est bon de s'en remettre totalement à Dieu et de lui permettre d'agir pleinement dans l'âme.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon