soeur Faustine 36

  Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le livre?

 

    Pendant la troisième probation, le Seigneur me fit comprendre que je devais m'offrir à Lui, afin qu'il puisse faire de moi ce qu'il Lui plaît. Je dois me tenir devant Lui comme une offrande. Au premier moment, j'étais toute effrayée, sentant que j'étais misère sans fin et me connaissant bien moi-même, j'ai répondu encore une fois au Seigneur: Je suis la misère même, comment puis-je être un otage? - Tu ne le comprends pas aujourd'hui. Demain, je te le ferai connaître pendant l'adoration. Mon cœur et mon âme frémirent. Ces mots s'enfoncèrent profondément en mon âme. La parole de Dieu est vivante. Lorsque je suis venue pour l'adoration, j'ai senti dans mon âme que j'étais entrée dans le temple du Dieu vivant, dont la majesté est grande et inconcevable. Et le Seigneur me fit connaître ce que sont vis-à-vis de Lui, même les esprits les plus purs. Bien qu'à l'extérieur ne voyant rien, la présence divine me pénétra jusqu'au fond de moi-même. A ce moment, mon esprit fut étrangement éclairé. Devant les yeux de mon âme passa une vision, comme pour Jésus au Jardin des Oliviers. D'abord les souffrances physiques et toutes les circonstances qui les augmentent; les souffrances spirituelles dans toute leur étendue et celles aussi dont personne ne saura jamais rien. Tout entre dans cette vision: les soupçons injustes, la perte de la bonne renommée. Je l'ai écrit en résumé, mais cette connaissance était si nette, que tout ce par quoi je suis passée plus tard, n'était en rien différent au moment où je

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P92    PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

l'ai connu. Mon nom doit être «sacrifice». Quand la vision fut finie, une sueur froide inonda mon front.

      Jésus me fit connaître que même si je ne consentais pas à cela, je pourrais tout de même être sauvée, Il ne me donnerait pas moins de grâces, et II continuerait à avoir avec moi les mêmes rapports intimes, donc, même si je ne consentais pas à ce sacrifice, la largesse de Dieu ne diminuerait pas. Et le Seigneur me fit savoir que tout le mystère dépendait de moi, de mon consentement volontaire au sacrifice avec la pleine connaissance de mon esprit. C'est dans cet acte volontaire et conscient que se trouve toute la puissance et la valeur aux yeux de Sa majesté. Même si rien de ces choses pour lesquelles je me suis offerte n'arrivait, tout était déjà comme (64) accompli pour le Seigneur. A ce moment je connus que j'entrais en contact avec la majesté inconcevable. Je sens que Dieu attend ma parole, mon consentement. Alors mon esprit se plongea dans le Seigneur et je dis: Fais ce qu'il Te plaît de moi, Seigneur. Je me livre à Ta volonté. Ta sainte volonté est désormais ma nourriture. Je serai fidèle à Tes exigences, avec l'aide de Ta grâce. Fais de moi ce qu'il Te plaît. Je T'en supplie, Seigneur, sois avec moi à chaque instant de ma vie.

      Alors - quand je consentis au sacrifice avec ma volonté et mon cœur - la présence divine me pénétra. Mon âme fut plongée en Dieu et inondée d'un tel bonheur, que je ne puis le décrire, même en partie. Je sentais que Sa majesté m'entourait. J'étais étrangement unie à Dieu. Je voyais en moi la grande prédilection de Dieu, et en retour mon esprit sombra en Lui. Consciente de cette union avec Dieu, je sens que je suis particulièrement aimée et, en retour, je L'aime de toute la force de mon âme. Un grand mystère eut lieu pendant cette adoration, un mystère entre moi et le Seigneur; il me semblait que j'allais mourir d'amour dans Son regard. Je parlai longtemps avec le Seigneur, mais sans un mot. Et le Seigneur me dit: Tu es le délice de mon cœur, à partir d'aujourd'hui, le moindre de tes actes est un plaisir à mes yeux, quoi que tu fasses. A ce moment-là, je me sentis consacrée85. L'enveloppe du corps reste la même, mais l'âme est autre, Dieu demeure en elle avec toute sa prédilection. Ce n'est pas un sentiment, mais une réalité consciente que rien ne peut assombrir. Un grand mys-

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tère s'est accompli entre Dieu et moi. Le courage et la force demeurèrent en mon âme. L'adoration finie, je sortis, regardant paisiblement en face tout ce dont j'avais tellement peur avant.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon