soeur Faustine 44

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   Premier jour de retraite. Le matin j'ai tâché d'être la première à la chapelle, avant la méditation j'avais encore un moment pour prier le Saint Esprit et la Très Sainte Mère. Je demandais ardemment à la Mère de Dieu qu'Elle m'obtienne la grâce de la fidélité aux inspirations intérieures et que j'accomplisse fidèlement la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit. J'ai commencé cette retraite avec un singulier courage.

   (86) Combat pour garder le silence. Comme il est de coutume, des sœurs de toutes les maisons se réunissent pour la retraite. Une sœur que je n'avais pas vue depuis longtemps vint dans ma cellule et me dit qu'elle voulait me dire quelque chose. Ne lui ayant rien répondu, elle s'aperçut que je ne voulais pas rompre le silence. Elle me dit: «Je ne savais pas que vous étiez si extravagante.» - et elle s'en alla. J'ai compris que cette personne n'avait d'autre intérêt que de satisfaire sa propre curiosité. 0 mon Dieu, maintiens-moi dans la fidélité.

   Le père106 qui prêchait la retraite arrivait d'Amérique. Il était venu faire un court séjour en Pologne, et les circonstances avaient fait qu'il nous prêchait la retraite. Une profonde vie intérieure rayonnait dans cet homme. Sa personne exprimait la grandeur de son esprit; la mortification et le recueillement caractérisaient ce prêtre. Mais malgré les hautes vertus que possédait ce prêtre, j'éprouvais d'immenses difficultés à lui dévoiler mon âme en ce qui concerne les grâces - car pour ce qui est des péchés, c'est toujours facile, mais quant aux grâces, je devais vraiment faire un grand effort, et encore, je ne disais pas tout.

   Tentations de Satan pendant la méditation. Une étrange peur me prit que le prêtre ne me comprenne pas ou qu'il n'ait pas assez de temps pour me laisser m'exprimer jusqu'au bout. Comment lui parler de tout cela? Si encore il s'agissait du Père Bukowski, je l'aurais fait plus facilement, mais c'était la première fois que je voyais ce Jésuite. Ici, je me suis rappelée un conseil du Père Bukowski qui m'avait dit que, lorsque je fais une retraite, je dois prendre au moins quelques notes au sujet des lumières que Dieu m'envoie, et au moins lui en faire un bref compte-rendu. Mon Dieu, pendant une journée et demie tout allait si bien - et voilà que commence un combat à mort. Dans une

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 P111                Premier Cahier

 

demi-heure, il doit y avoir la conférence et ensuite je dois aller me confesser. Satan me persuade que, si les supérieures ont dit que ma vie intérieure est une illusion, à quoi bon questionner (87) et fatiguer encore le confesseur? «Mère X107 t'a dit que Jésus ne vivait pas en intimité avec des âmes aussi misérables, ce confesseur te répondra de même. Pourquoi en parler, ce ne sont pas des péchés, et Mère X t'a dit bien clairement que toute cette intimité avec Jésus n'est que rêverie ou pure hystérie, et pourquoi en parler à ce confesseur? Tu ferais mieux de rejeter toutes ces illusions. Vois, tu as souffert tant d'humiliations déjà, et beaucoup d'autres t'attendent encore, et les sœurs savent que tu es hystérique.» - Jésus, ai-je appelé de toutes les forces de mon âme. A ce moment, le père commença la conférence. Il a parlé peu de temps, comme s'il se dépêchait. Après la conférence il alla au confessionnal. Je regarde - aucune des sœurs ne s'y rend. Je me suis élancée de mon prie-Dieu et m'agenouillai dans le confessionnal. Je n'avais pas le temps de réfléchir. Au lieu de dire au père tous les doutes qu'on avait formulés à l'égard de mes rapports avec Jésus, j'ai commencé à parler de toutes ces tentations que j'ai décrites plus haut. Mais le confesseur comprit tout de suite ma situation, et il dit: «Vous vous méfiez, ma sœur, du Seigneur Jésus parce qu'il est si bienveillant envers vous. Alors, ma sœur, soyez donc complètement tranquille. Jésus est votre Maître, et vos rapports avec Jésus ne sont ni hystérie, ni rêverie, ni illusion. Sachez que vous êtes dans la bonne voie. Tâchez d'être fidèle à ces grâces et il vous est défendu de vous en écarter. Vous n'avez pas du tout besoin de parler de ces grâces intérieures à vos supérieures, sauf quand Jésus vous donne un ordre précis et dans ce cas, il faut d'abord vous entendre avec votre confesseur. Mais si Jésus exige quelque chose d'extérieur, alors, après vous être entendue avec votre confesseur, vous devez accomplir ce qu'exige le Seigneur, même si cela doit vous coûter énormément. D'un autre côté, vous devez tout dire à votre confesseur. Il n'y a absolument pas d'autre voie pour vous, ma sœur. (88) Priez pour avoir un directeur spirituel, car autrement vous gaspillerez ces grands dons de Dieu. Je le répète encore une fois, soyez tranquille - vous êtes sur la bonne voie. Ne faites attention à rien mais soyez fidèle au Seigneur Jésus, peu

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p112         PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

importe ce qu'on dit de vous. C'est justement avec de telles âmes misérables que le Seigneur Jésus est en relation et plus vous vous abaisserez, plus Jésus s'unira à vous.»

   Quand j'ai quitté le confessionnal, une joie inconcevable inonda mon âme, de sorte que je m'écartais dans un endroit solitaire du jardin, pour me cacher des sœurs et permettre à mon cœur de s'épancher complètement en Dieu. La présence divine me pénétra et, en un instant, mon néant sombra totalement en Dieu et je sentis, c'est-à-dire je discernai alors les Trois Personnes Divines qui demeuraient en moi, et j'éprouvais une si grande paix dans mon âme que je m'étonnais d'avoir pu tellement m'inquiéter.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon