soeur Faustine 100

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   Jeudi. Pendant l’adoration du soir, je vis le Seigneur Jésus, flagellé et martyrisé, qui me dit: Ma fille, je désire que dans les moindres choses tu dépendes de ton confesseur. Tes plus grands sacrifices ne me plaisent pas, si tu les accomplis sans (94) la permission des confesseurs, et inversement - le plus petit sacrifice a une grande signification à mes yeux, s’il est fait avec la permission du confesseur. Les plus grandes œuvres sont à mes yeux sans signification, si elles sont faites de façon arbitraire, et souvent elles sont en désaccord avec ma volonté, et elles méritent plutôt une punition qu’une récompense; et d’autre part, le plus petit acte que tu fais avec la permission du confesseur, est agréable à mes yeux et m’est extrêmement cher; affermis-toi en cela pour toujours, veille sans cesse, car l’enfer entier fait un grand effort contre toi à cause de cette œuvre, car beaucoup d’âmes reviendront des portes de l’enfer et adoreront ma miséricorde; mais n’aie peur de rien car je suis avec toi; sache que de toi-même, tu ne peux rien.

   Le premier vendredi du mois avant la sainte Communion je vis un grand ciboire (95) rempli d’Hosties saintes; une main posa ce ciboire devant moi, et je le pris dans ma main et il y avait dedans mille Hosties vivantes. Soudain j’entendis une voix: Ces Hosties ont été reçues par des âmes pour lesquelles tu as obtenu la grâce d’une conversion sincère durant ce Carême, et c’était une semaine avant le Vendredi Saint. Je passai ce jour dans un grand recueillement intérieur m’anéantissant au profit des âmes.

   ……….

   (96) Dimanche des Rameaux. En ce dimanche, je vécus d’une façon particulière, les sentiments du très doux Cœur de Jésus; mon

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esprit était là où était Jésus. Je vis le Seigneur Jésus assis sur un ânon et Ses disciples et une grande multitude qui L’accompagnaient, joyeux, des branches à la main, les uns les jetaient sous Ses pieds là où passait le Seigneur Jésus et d’autres les brandissaient en l’air, sautant et criant devant le Seigneur, et de joie ne savaient que faire. Et je vis une seconde foule qui sortit aussi à la rencontre de Jésus avec des visages réjouis, des branches en main et qui ne cessait de crier de joie, et des petits enfants - mais Jésus était très sérieux et me fit connaître combien Il souffrait pendant ce temps. Et à ce moment je ne voyais plus rien, seulement Jésus qui avait le cœur saturé par l’ingratitude des hommes.

   (97) Confession trimestrielle. Le Père Bukowski. Quand de nouveau une force intérieure me pressait de ne plus remettre cette affaire, ne pouvant trouver la paix, je dis au confesseur, le Père Bukowski, que je ne pouvais attendre plus longtemps. Le père me répondit: «Ma sœur, c’est une illusion, le Seigneur Jésus ne peut pas exiger cela, vous avez prononcé vos vœux perpétuels, tout cela est une illusion, vous inventez une hérésie ma sœur» - et il me criait dessus presque en hurlant. J’ai demandé si tout était illusion - il me répondit que tout. - Alors comment dois-je agir, veuillez me le dire. - «Eh bien, vous ne devez suivre aucune inspiration, ma sœur, vous devez être dissipée, ne pas faire attention à ce que vous entendez dans votre âme et tâcher de bien accomplir vos devoirs extérieurs, ne pensez plus à rien de ces choses, vivez dans une complète dissipation.» Je répondis: Bien, (98) car jusqu’à présent, j’agissais toujours selon ma propre conscience et maintenant puisque vous m’ordonnez, mon père, de ne pas faire attention à ma vie intérieure, alors je ferai ainsi. Il me dit: «Si le Seigneur Jésus vous dit de nouveau quelque chose, dites-le moi, mais il vous est interdit de le faire.» J’ai répondu: Bien, je vais essayer d’être obéissante. Je ne sais où le père a trouvé cette sévérité.

   Quand je m’éloignai du confessionnal, tout un essaim de pensées oppressa mon âme: pourquoi être sincère, ce que j’ai dit ne sont pourtant pas des péchés et je n’ai donc pas le devoir d’en parler au confesseur; d’autre part - comme c’est bien que je n’aie plus besoin de faire attention à mon propre intérieur, pourvu qu’à l’extérieur tout soit bien;

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maintenant je n’ai besoin de faire attention à rien, vraiment, ni de suivre ces voix intérieures qui souvent me causent tant d’humiliations, maintenant je serai libre; et puis de nouveau un mal étrange (99) m’enserra l’âme. Il me serait donc interdit d’être en relation avec Celui que je désire si ardemment? Celui qui est toute la force de mon âme? J’ai commencé à appeler: A qui irai-je, ô Jésus? Mais dès le moment de l’interdiction de mon confesseur, de profondes ténèbres tombèrent sur mon âme, j’ai peur d’entendre une voix à l’intérieur de moi-même pour ne pas transgresser par cela l’interdiction de mon confesseur, et puis de nouveau je me meurs de nostalgie de Dieu; je suis déchirée intérieurement n’ayant plus de volonté propre, mais m’en étant complètement remise à Dieu.

   C’était le Mercredi Saint, cette souffrance augmenta encore le Jeudi Saint. Quand je suis venue à la méditation, je suis entrée dans une sorte d’agonie, je ne sentais pas la présence de Dieu, mais toute la justice de Dieu pesait sur moi, je me voyais comme accablée par les péchés du monde. Satan se mit à me railler: «Vois-tu, maintenant tu ne vas plus t’occuper des âmes, regarde quel paiement tu as reçu, personne ne va croire (100) que Jésus exige cela de toi, vois ce que tu souffres déjà et ce que tu vas souffrir encore, ton confesseur t’a pourtant libérée de tout cela.» Maintenant je peux vivre comme il me plaît, pourvu qu’à l’extérieur tout soit bien. Ces terribles pensées me tourmentèrent pendant toute une heure. Quand la sainte messe approcha, une douleur me serra le cœur - dois-je quitter la Congrégation? Et puisque le père m’a dit que c’était une sorte d’hérésie, est-ce que je dois me détacher de l’Église? J’appelai d’une voix intérieure et douloureuse le Seigneur: Jésus, sauve-moi. Cependant pas un rayon de lumière n’entrait dans mon âme et je sentais que mes forces me délaissaient comme si le corps se séparait de l’âme. Je me soumets à la volonté de Dieu et je répéte: Qu’il m’advienne, ô Dieu, selon ce que Tu as décidé, en moi plus rien n’est à moi. Soudain la présence de Dieu m’environna et me pénétra jusqu’à la moelle. (101) C’était le moment de la sainte Communion. Un moment après je perdis la notion de tout ce qui m’entourait et de l’endroit où j’étais. 

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   Soudain je vis le Seigneur Jésus tel qu’il est peint sur cette image 6 et Il  me dit: Dis au confesseur que cette œuvre est mienne et que je t’emploie comme un misérable instrument. Et je dis: Jésus, je ne peux faire ce que Tu m’ordonnes, car mon confesseur a dit que tout cela est illusion et il m’est interdit d’écouter chacun de Tes ordres; je ne dois rien faire de ce que Tu me recommanderas. Je T’en demande pardon Seigneur, rien ne m’est permis, je dois obéir au confesseur. Jésus, je T’en demande bien pardon, Tu sais ce que je souffre pour cette raison, mais tant pis, Jésus, le confesseur ne m’a pas permis de suivre Tes ordres. Jésus écoutait avec bienveillance et avec contentement mes explications et mes griefs. Je pensais (102) que cela offenserait beaucoup le Seigneur Jésus, mais au contraire, Jésus était content et me dit avec bienveillance: Parle toujours au confesseur de tout ce que je te recommande et de ce que je te dis, et fais seulement ce pour quoi tu obtiendras la permission; n’aie crainte et n’aie peur de rien. Je suis avec toi. Mon âme fut remplie de joie et toutes les pensées qui m’inquiétaient se dispersèrent, et l’assurance et le courage sont entrés dans mon âme.

   Cependant, après un instant, je suis entrée dans la passion que Jésus a subie au Jardin des Oliviers. Cela a duré jusqu’au vendredi matin. Vendredi, j’ai vécu la passion de Jésus, mais déjà d’une autre manière. Ce jour-là, le Père Bukowski vint chez nous de Derdy. Une force étrange me poussa à aller me confesser et à dire tout ce qui m’était arrivé et ce que Jésus m’avait dit. Quand j’ai dit cela au père, le père était tout autre et me dit: (103) «Ma sœur, n’ayez pas peur, rien de mauvais ne vous arrivera, car le Seigneur Jésus ne le permettra pas. Si vous êtes obéissante et dans une telle disposition, je vous prie de ne vous affliger de rien. Dieu trouvera le moyen de mener à bien cette œuvre, je vous prie d’avoir toujours une telle simplicité et une telle sincérité et de tout dire à la mère générale. Ce que j’avais dit c’était pour vous avertir, car il y a des illusions, même chez de saintes personnes; et à cela peuvent se joindre des suggestions de Satan, et parfois cela vient de nous-mêmes, il faut donc faire attention. Continuez donc d’agir comme jusqu’à présent; vous voyez, ma sœur, que le Seigneur Jésus n’en est pas fâché. Ma sœur, vous pouvez répé-

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ter maintenant certaines choses qui sont advenues, à votre confesseur ordinaire.»

 

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